^

Politique

« Gouvernement des riches »

NDDL. Réprimer les zadistes et choyer Vinci, les deux priorités du gouvernement

Au lendemain de l'annonce de l'abandon du projet d'aéroport à Notre Dames des Landes, le gouvernement n'a pas tardé à se mettre en ordre de bataille, fixant deux priorités claires, qui en disent long sur la posture soit disant « responsable » d'Edouard Philippe et d'Emmanuel Macron.

Crédits photo : bretagne-info.org

Des arrêtés préfectoraux déjà mis en vigueur... et des forces de répressions impatientes d’en découdre !

Interrogée au micro de BFM TV, la préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, a dressé les esquisses d’une feuille de route menant jusqu’à la fin de la trêve hivernale. Ainsi, ce sont « 5 arrêtés [préfectoraux] préventifs » qui ont d’ors et déjà été mis en application, permettant entre autres « d’ouvrir des coffres de voitures » à la recherche « d’engins explosifs ». Cherchant à rester dans une posture « responsable », Klein a mis en avant sa mission de médiation... avant d’expliquer, dans les pas du premier ministre la veille, que tout serait mis en œuvre pour restaurer « l’état de droit ».

Du côté des forces de répression, on ne se préoccupe pas de prendre ces pincettes. « C’est une guérilla rurale, comme c’était le cas lors des mobilisations contre les centrales nucléaires dans les années 1970 » explique ainsi un responsable de la gendarmerie à France Info. Désireux de poursuivre la guerre contre les zadistes de Notre Dame des Landes, une source interne détaille : « La zone est très vaste, boisée et il y a des pièges qui ont été posés un peu partout. L’effet de surprise n’est pas possible, il faudra compenser cela avec du personnel en nombre ». Et au niveau des forces déployées, toutes les options sont envisagées. Ainsi, selon des informations d’Europe 1, « des appels à volontaires ont été lancés dans toutes les régions de France ». Au final, un gradé de la gendarmerie prévient, toujours sur France Info : « Il y aura une montée en puissance, jusqu’à 25 à 30 unités sont prévues », soit environ 2000 hommes déployés.

Vinci va toucher le jackpot !

L’autre point chaud pour le gouvernement, c’est bien entendu la bonne tenue du dossier Vinci, la société de construction du désormais ex-projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Dès ce 18 janvier, Bruno Le Maire a entamé les négociations avec la multinationale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le constructeur va toucher, dans tous les cas, le gros lot.

La première option serait de voir une indemnisation de la part du gouvernement à Vinci pour l’annulation du contrat. Et les montants, non confirmés à l’heure ou nous écrivons ces lignes, devraient être colossaux. En effet, on parle d’environ 350 millions d’euros ! Si Benjamin Griveaux, porte parole du gouvernement, a démenti l’information, le gouvernement entend mener les discussions dans le « respect du droit et à la défense des intérêts de l’État », selon un communiqué du ministère des transports.

La seconde option serait tout aussi lucrative pour Vinci. En effet, le constructeur se verrait non seulement investi dans le chantier de l’aéroport de Nantes-Atlantique, mais la négociation tournerait aussi autour de la privatisation de l’aéroport de Paris. De quoi faire fructifier la casse d’un contrat et obtenir de beaux cadeaux car, en définitive, Notre Dame des Landes permettra tout de même à Vinci de remplir un peu plus ses caisses.

Complaisance avec la multinationale Vinci, volonté affichée de réprimer les zadistes, le gouvernement a lancé les grandes manœuvres dans la poursuite du dossier Notre Dame des Landes. Des positions qui en disent long sur les prétendues postures médiatrices, au dessus des intérêts économiques. En réalité, Macron et Philippe sont bel et bien à la botte du grand patronat. Autant pour remplir ses caisses que pour réprimer toute contestation d’un système qui garantit la pérennité des intérêts des classes dominantes.




Mots-clés

Édouard Philippe   /    Emmanuel Macron   /    NDDL   /    Politique