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Notre classe

Malgré les cadeaux fiscaux de Macron

Nokia persiste et signe : 597 emplois supprimés

Nouveau rebondissement dans la saga du rachat du franco-américain Alcatel-Lucent par Nokia : à la sortie de la réunion du comité de suivi de lundi, censée pousser l’équipementier télécoms finlandais à respecter ses engagements de maintien d’emplois, gouvernement et syndicats n’ont fait que prendre acte de la décision de Nokia de supprimer 600 emplois.

Les cadeaux fiscaux offerts par le ministre de l’économie de l’époque, Emmanuel Macron, n’auront pas suffi à combler la soif de profits du géant de l’équipement télécoms finlandais. Et malgré les mots durs lancés le 6 septembre par le secrétaire d’Etat à l’Economie Benjamin Griveaux, affirmant que Nokia, n’avait « sciemment pas tenu la parole qu’elle avait donnée publiquement lors d’une opération de rachat », le groupe tient bon. Il confirme la suppression de 597 emplois supplémentaires en France d’ici 2019, dans les filiales Alcatel Lucent International et Nokia Solutions and Networks (NSN), sur un effectif total de 4.200 personnes dans ces deux sociétés, basées à Paris-Saclay (Essonne) et Lannion (Côtes d’Armor).

Le prétendu bras de fer entre le gouvernement et Nokia n’a finalement pas eu lieu. Le plan de suppression de près de 600 emplois annoncé par le groupe sera mené à bien et reprendra d’ici « une dizaine de jour ». Les syndicats, eux, ont réagi avec résignation : « Le plan social est confirmé, nous n’avons pas obtenu d’avancée sur ce point », ont regretté les représentants du personnel. Ce manque de combativité s’est exprimé aussi quand les représentants syndicaux ont indiqué que la direction a cependant « assuré qu’elle tiendra ses engagements concernant le recrutement en recherche et développement ». Mais, pourquoi Il faudrait encore les croire ?

Paroles, paroles, paroles…

Comment la direction de l’équipementier en télécoms a-t-elle réussi à faire avaler pareille pilule ? Il semblerait qu’elle ait mis gouvernement et syndicats dans sa poche avec des nouvelles promesses. A l’issue de la réunion, le secrétaire d’Etat à l’Economie a indiqué qu’il y a « un engagement très clair qui a été pris : pas de suppression d’emplois tant que l’objectif des 4.200 emplois n’aura pas été atteint et une chose très importante, 2.500 emplois en recherche et développement avant la fin de l’année 2018 ».

Selon les syndicats, les effectifs actuels sont de 3.941, et non pas 4.200, étant donné que 400 emplois ont déjà été supprimés l’année dernière peu après le rachat d’Alcatel-Lucent. Une autre promesse de la direction de Nokia : les 597 suppressions auront bien lieu, mais… seront étalées sur deux ans …

La procédure du plan social, qui avait été suspendue le 19 septembre dans l’attente de cette réunion du comité survenue lundi, reprendra son cours. Les syndicats réunis dans l’intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CGT et CFTC, se sont dits « rassurés » par des promesses sur la « pérennité des sites », tout en réduisant leur rôle à limiter la casse. Côté gouvernement, Benjamin Griveaux s’est félicité des « éclaircissements très clairs apportés par la direction ». Une fois de plus, c’est aux travailleurs de payer les pots cassés. Le prochain « point d’étape » est prévu fin novembre.

Crédit photo : Damien MEYER. AFP




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