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Notre classe

L'usine c'est la taule !

PSA fait des chiffres record : les salariés en payent le prix cher

Aujourd’hui, tous les journaux économiques se font un point d'honneur de mettre sur un piédestal le "travail courageux" du président du groupe PSA, Carlos Tavares. A l'instar des Échos, toujours à la pointe quand il s'agit de donner le change et de vanter les plans de redressement, et autres stratégies miraculeuses. Tavares, après avoir "sauvé" PSA, sera le sauveur d'Opel ! En réalité, il sera le sauveur des actionnaires. Opel va subir le même sort que les autres sites de production européens, c'est-à-dire un véritable plan d'austérité synonyme de massacre de ses emplois et de précarisation de masse.

PSA fait un chiffre d’affaires de 38,6 milliards sur le dos des travailleurs

Le chiffre d’affaires du groupe PSA est de 38,6 milliards d’euros au 1er semestre 2018, soit une hausse de 40,1% par rapport au 1er semestre de 2017.
Crédit photo : détail du « Detroit Industry Murals » de Diego Rivera et Frida Kahlo, 1932

Lors des tractations avec Opel groupe, la direction de PSA a martelé à qui voulait bien l’entendre qu’Opel allait être un gouffre financier. Maintenant que PSA a mis la main sur son concurrent, ce n’est pas le groupe qui va passer à la caisse, mais bel et bien les travailleurs. Opel a des sites en Allemagne, en Angleterre et dans l’État espagnol : ces sites vont payer chèrement le passage chez PSA. Blocage des salaires, primes à la baisse etc... une politique que la direction de PSA applique partout sur ses sites à travers le monde.

Une politique enrobée d’une idéologie bien alléchante ! En effet, la direction du groupe n’a de cesse de faire croire que les véhicules ne sont montés par aucun être humain : ainsi, on ne briserait jamais de vie avec de larges plans de licenciements. En réalité, tout est axé vers une recherche permanente de gains de productivité.

Le groupe PSA, dans son communiqué de presse, est très clair au sujet des objectifs fixés pour la zone France : "une marge opérationnelle courante moyenne supérieure à 4,5% pour la division automobile sur la période 2016-2018 et une cible supérieure à 6% en 2021, une croissance de 10 % du chiffre d’affaire du groupe entre 2015 et 2018, en visant 15 % supplémentaires d’ici 2021". Autant dire que PSA va sabrer pour atteindre ses objectifs. Déjà aujourd’hui, c’est l’ultra-flexibilité. Tous les sites de production sont passés en mono-flux, une seule ligne de montage avec plus de véhicules et moins de salariés. Des salariés toujours de plus en plus précaires avec une utilisation incroyablement forte d’intérimaires.

3,191 milliards d’euros de Free cash flow opérationnel groupe, dont 1,157 milliards d’euros pour Opel Vauxhall

Le free cash flow, c’est le fond de roulement pour le groupe hors chiffre d’affaires. De quoi pouvoir assurer notre avenir ; mais tout cela n’ira pas dans les salaires ou dans les moyens de production, mais servira à étendre les marchés et exploiter partout les salariés pour augmenter les profits du groupe et verser des dividendes toujours plus élevés aux actionnaires qui ne créent rien d’autre que des chômeurs, de la précarité et de la pénibilité au travail.

Un pognon de dingue qui ne sert pas à créer des emplois en CDI : un scandale, un crime social contre la classe ouvrière

Le groupe PSA veut toujours montrer en vitrine que tous les salariés ont le sourire, tellement les conditions de travail sont géniales. Mais cette propagande patronale explose contre la réalité de la classe ouvrière.
Le travail est de plus en plus difficile, les suppressions de postes de travail accentuent la charge de travail. L’été et les fortes chaleurs viennent compléter le tableau d’une réalité bien moins rose que ne veut le montrer la direction de PSA.
Cette direction qui mène une politique criminelle envers ses salariés. S’il est hors de question de baisser les dividendes versés aux actionnaires, il faut bien faire des économies quelque part. Des économies qui vont jusqu’à donner au compte-goutte des bouteilles d’eau. S’il ne fait pas 30 degrés pile, ils ne donnent rien. Alors qu’il est prévu des pauses "chaleur" et qu’il fait 33 degrés, les ouvriers n’en ont toujours pas bénéficié... la production passe avant tout.

Dans les sites comme Mulhouse qui font des voitures premium, du haut de gamme que jamais les salariés ne pourront se payer, la plupart des véhicules sont en retouche, presque des productions entières, tellement c’est la galère sur les postes.
A cela il faut ajouter la cadence. A 62 voitures par heure, c’est un passage à moins d’une minute. La précarité atteint des sommets et aucune embauche n’est prévue, ou si peu, qu’il faut surtout compter sur des intérimaires.

Lorsque tu ne supportes plus ces conditions intenables, que ce soit physiquement ou que tu oses l’ouvrir, la répression s’abat. Les sanctions, les licenciements, les pressions, le harcèlement contre le salariés malades et les syndicalistes sont monnaie courante. Le nombre de licenciements n’arrête pas d’augmenter car les salariés ne sont pas assez productifs ou trop malades ce qui, d’après la direction, perturbe le bon fonctionnement de l’entreprise. Cela nous fait penser au curé qui demande aux communards pendant la commune de Paris "vous ne craignez pas l’enfer ?" Ces deniers lui répondirent "non l’enfer nous y sommes déjà". Et bien chez PSA, c’est le même sentiment. Ce sentiment d’enfer alimente une force qui sommeille dans chaque intérimaire, qui sont des bombes à retardement prêtes à exploser à chaque moment. Et lorsque cela sera le cas, ils rappelleront le bon souvenir des communards aux patrons et aux actionnaires de PSA.




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