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Politique

Plus c’est gros plus ça marche ?

Philippot dépose la marque « Les Gilets Jaunes », l’opération instrumentalisation de l’extrême droite

C'est une opération de récupération aussi nauséabonde que grossière. Floriant Philippot, ex-numéro 2 du FN et leader des « Patriotes », a déposé la marque « Les Gilets Jaunes » en vue des européenne de 2019.

« C’est une précaution dans la perspective des européennes. Notre programme étant 100% compatibles avec les revendications des “gilets jaunes”, nous pourrions monter une liste “Les Gilets Jaunes” ou “Avec les Gilets Jaunes” ». C’est avec ces mots que Joffrey Bollée, proche de Florian Philippot, a justifié le dépôt de la marque « Les Gilets Jaunes » auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi), confirmant ainsi l’information révélé par L’Opinion. Selon le journal, l’ex-bras droits de Marine Le Pen aurait déposé la marque le 30 novembre dernier. L’Inpi n’aurait pas encore, selon les informations disponibles, validé la procédure.

Pour tenter d’emblée de contrer toute accusation de récupération politique, ce qui sera difficile à faire avaler, Philippot s’est mis en première ligne. Dans L’Opinion, le leader des Patriotes assure que « l’idée n’est pas sortie de [s]on chapeau depuis trois semaines » et vouloir « déjà donner cette coloration sociale au Front National. Il s’agit surtout de faire en sorte que les vrais amis des ’gilets jaunes’ disposent de l’appellation, et pas les faux amis ou les ennemis ».

Sur LCI ce jeudi, Philippot embraye : « Je vais lancer un appel à candidatures, aux vrais “gilets jaunes” […] On n’est pas comme les autres. Moi, j’ouvre réellement ! ». Et bien sûr, le geste serait désinteressé ! Pourtant, il est assez limpide que cette manœuvre grossière vise à la recherche d’un sursaut électoral, alors que les instituts de sondage indiquent que Les Patriotes stagnent à 1%, tandis qu’une éventuelle liste émanant du mouvement des Gilets Jaunes obtiendrait 8% des suffrages...

Le poison de l’extrême droite : Les Gilets Jaunes doivent se démarquer des manœuvres de Philippot et consort

Pour masquer son arrivisme, Philippot cherche donc à se placer comme un « protecteur » du mouvement des Gilets Jaunes face à l’ennemi macroniste, cherchant à poser comme une évidence le fait qu’il serait un représentant naturel du mouvement. Toutefois, l’Inpi met entre 4 et 5 mois pour statuer en moyenne. L’annonce de Philippot pourrait également être un moyen de « faire du buzz » autour des candidatures Les Patriotes aux européennes.

Il n’est pas le seul, à l’extrême droite, à chercher à capitaliser sur les Gilets Jaunes, ou au moins une frange. Pourtant, Philippot, pas plus que Le Pen ou Dupont Aignant, ne porte en aucun cas les aspirations du mouvement. Au contraire, c’est bel et bien le poison de la xénophobie et la recherche de l’étouffement du mouvement que vise Philippot et consort.

Il est donc indispensable que le mouvement lui-même, tout comme il l’a fait avec l’ensemble de ses représentants « auto-proclamé », doit se démarquer sans concession de Philippot. Et, dans le même temps, de rejeter l’extrême droite, vent debout au côté de la répression, contre les aspirations démocratiques et des revendications des Gilets Jaunes.




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