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Notre classe

Marche pour la justice et la dignité et contre le racisme le 19 mars à Paris

Pourquoi les travailleurs doivent-ils se mobiliser massivement ce 19 mars ?

Ce dimanche 19 mars, de nombreuses organisations, collectifs de familles de victimes des violences policières, associations, et syndicats appellent à une grande marche pour la justice et la dignité à Paris, rendez-vous à Nation à 14h. Parce qu’il y en a assez de toutes ces violences policières et patronales, de cet état « tout sécuritaire » et de cette société de misère et d’exploitation qui bousille des vies dans nos quartiers et dans nos lieux de travail, comme nous avons vu récemment avec le viol de Théo par des policiers, ou encore le suicide d’Edouard, cheminot poursuivi par sa direction qui a fini par mettre fin à ses jours en se jetant sous un train. Parce qu’il y en a assez du racisme. Les travailleurs et ses organisations doivent descendre massivement dans la rue ce 19 mars pour exiger justice et dignité.

Pour la justice et la dignité, contre le racisme et les violences policières et patronales : un combat de tous les travailleurs


Souvent on entend dire que les organisations syndicales devraient uniquement s’occuper des revendications des travailleurs sur leur lieu de travail, des revendications qu’on appelle « économiques », comme l’augmentation des salaires ou la lutte contre les licenciements. Il est bien évidemment fondamental d’organiser la lutte et la riposte des travailleurs et leurs organisations par rapport à toutes les attaques du patronat concernant nos conditions de travail. Mais il est également fondamental de commencer à construire l’unité avec tous les combats qui concernent notre classe, comme c’est le cas de la lutte contre le racisme, une violence structurelle dans cet état impérialiste qu’est la France et mise au service de diviser notre classe, mais aussi plus généralement contre les violences policières et patronales, qui bousillent les vies des jeunes et des travailleurs, dans les quartiers et sur les lieux de travail.

Cette répression et ces violences policières que vivent les jeunes des quartiers n’est rien d’autre que le prolongement d’une violence de classe et de cette répression patronale qui s’abat sur les travailleurs à chaque fois qu’ils cherchent à relever la tête, comme nous avons malheureusement pu le constater pendant le mouvement contre la loi travail au printemps dernier. Ce pourquoi la place de tous les militants du mouvement ouvrier qui se proposent de défendre l’ensemble des exploités et des opprimés, mais aussi de tous les travailleurs, syndiqués ou non, est dans la rue ce 19 mars, aux côtés des familles de victimes des violences policières et du racisme. On doit répondre tous ensemble et faire front face à l’état et sa police qui matraque, violente, massacre, viole et tue, avec l’objectif d’asseoir sa domination de classe.

Le lien étroit de notre classe avec les banlieues : une histoire à ne pas oublier

La classe ouvrière en France est en grande partie issue de l’immigration, et habite pour une bonne partie dans ces mêmes quartiers populaires. Les enfants des travailleurs sont également ces jeunes de banlieue qui sont aujourd’hui criminalisés et stigmatisés par les politiciens professionnels du PS, de droite et d’extrême-droite qui s’enrichissent à coup d’emplois fictifs, et qui cherchent en même temps à faire croire que le problème du chômage et de la violence dans les quartiers seraient de la responsabilité de ces mêmes jeunes qui aujourd’hui ne voient aucun avenir.

La question du racisme a un long historique dans le monde du travail. Des luttes contre le racisme ont été menées à l’intérieur même des usines, comme c’est le cas des luttes emblématiques dans l’automobile dans les années 80. On les appelait les « grèves de la dignité ». Les ouvriers réclamaient des hausses de salaires, la liberté de s’organiser syndicalement et la dignité. « Fini le couscous et le Ricard » était l’un des mots d’ordre des ouvriers qui voulaient mettre fin à l’arbitraire et à la discrimination des chefs, qui obligeaient les ouvriers à leur ramener des cadeaux, sous menace de se faire licencier s’ils ne le faisaient pas. A l’époque, le gouvernement socialiste avait cherché à criminaliser et stigmatiser les ouvriers grévistes. Pendant la grève à Talbot Poissy en 1983, Gaston Defferre, ministre de l’intérieur du gouvernement Mitterrand, avait dit qu’il fallait mettre à la seine les grévistes de Talbot Poissy. Ou encore Pierre Mauroy, alors premier ministre, qui avait affirmé qu’il s’agissait d’une grève des islamistes, une grève des Ayatollahs. L’expérience de ces grèves dans l’automobile dans les années 80 montre bien comment le pouvoir en place cherche par tous les moyens à discréditer toute forme de lutte ouvrière qui prenne en charge les revendications des secteurs les plus exploités et opprimés de notre classe, des revendications qui vont au-delà du cadre strictement économique, précisément parce qu’elles remettent en cause l’ensemble du système et de ses mécanismes de domination.

Soyons nombreux et nombreuses à marcher pour la justice et la dignité ce 19 mars à Paris ! 


Nombreux sont ceux qui appellent à la mobilisation pour ce 19 mars, y compris des syndicalistes, et des organisations du mouvement ouvrier, comme c’est le cas de SUD-Rail qui appelle les cheminots à manifester. Dans un contexte où l’acharnement se poursuit à l’encontre de la famille Traoré, et où les crimes patronaux comme celui d’Édouard à la SNCF ne font que prolonger une liste déjà beaucoup trop longue, il est fondamental que les travailleurs descendent massivement dans la rue ce 19, pour faire front et commencer à semer les bases pour que la peur change de camp.




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