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Après le départ de Steve Bannon

Poursuite de la guerre en Afghanistan : Trump se range du côté des généraux

Dernier rebondissement à la Maison Blanche. Après le départ de Steve Bannon, ex-conseiller stratégique et ultra-nationaliste proche de Donald Trump à la Maison Blanche, le président des Etats-Unis vient d'annoncer le maintien des troupes en Afghanistan et la poursuite de la guerre. Une décision qui tranche avec le programme de l'America First énoncé lors de la campagne et qui marque l'influence des généraux sur la Maison Blanche.

Lundi 21 aout, depuis la base militaire de Fort Myer en Virginie, Trump a annoncé la poursuite de la guerre en Afghanistan et le maintien des troupes américaines au sol en affichant clairement l’objectif de « tuer des terroristes ». Une décision qui tranche radicalement avec ses discours de campagne dans lesquels il s’opposait à la prolongation du bourbier afghan, une guerre de plus d’une décennie, résolument « ingagnable », dénonçait l’incroyable gaspillage financier et humain, et avançait la ligne isolationniste et protectionniste de « l’America First », inspirée par son proche conseiller et patron de l’influent média d’extrême-droite BreitBart, Steve Bannon.

Il poursuivra donc la politique impérialiste en Afghanistan initiée par les néo-conservateurs du camp de G.W.Bush et continuée par le démocrate Barack Obama, une intervention militaire qui est à la base du renforcement et du développement de l’idéologie djihadiste sur le territoire. Une continuité qui s’installe en dépit de l’alternance politique de la Maison Blanche et des prétendues caractéristiques « d’outsiders » de ses occupants.

L’influence des généraux

En effet, et bien que ce dernier n’ait pas fait. Quoique ce soit en faveur d’un retrait de l’armée américaine en Afghanistan lors des huit mois passés au Bureau Ovale, cette annonce marque un peu plus le retour de Trump dans le giron de la ligne traditionnelle de l’administration américaine, qu’elle soit républicaine ou démocrate. Et montre également à quel point celle-ci s’accommode d’un candidat ouvertement raciste et ultra-nationaliste, comme l’ont attesté ses sorties sur les latinos américains lors de la campagne, ou plus récemment ses propos à l’occasion des événements de Charlottesville.

Et cette annonce n’est pas sans lien avec la reprise en main de l’administration par les « Généraux », et notamment le Général John Kelly, nommé début août au poste de Secrétaire Général pour mettre un terme à la guerre des factions à la Maison Blanche et responsable de la démission du sulfureux conseiller Steve Bannon.

Cet ancien Général des Marines, qui a fait ses classes en Irak et en Amérique Centrale, compte parmi les plus hauts gradés à avoir perdu un fils en Afghanistan. A ses côtés, pour faire peser les intérêts de l’armée auprès du Président, il peut compter sur le chef du Pentagone, le général Jim Mattis, le conseiller à la Sécurité Intérieur, le général H.R MacMaster, et son adjoint le général Ricky Waddell, qui ont fait leurs armes en Afghanistan. Des hauts gradés militaires qui viennent en renfort d’une administration qui ne se sort pas des crises à répétition et qui s’attellent à faire valoir la continuité de la politique impérialiste américaine dont l’hégémonie est en déclin.




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