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Quand Axa, Bnp-Paribas, le Crédit agricole et la BPCE participent à la colonisation israélienne

Comment l'Etat d’Israël finance la colonisation de la Palestine et de la Cisjordanie ? D'après un récent rapport venant de plusieurs associations et syndicats, plusieurs groupes bancaires français contribuent à cette colonisation en investissant dans les entreprises israéliennes établies en territoire Palestinien.

Israël, un état colonialiste

La naissance de l’état d’Israël s’est fait au dépend de l’Etat palestinien. Depuis 1948 et sa création, le nombre de colons est passé de 2 800 à 650 000 en 2016. Cette colonisation permet de récupérer des terres cultivables et habitables et surtout d’accéder à des matières premières surtout aux sources d’eau potable qui étaient dans le territoire palestinien après la séparation des deux Etats suivant le plan de l’ONU.Des décisions ont été prises au niveau international, notamment en UE, pour interdire aux entreprises des pays signataires (20 en tout, dont la France) de participer directement ou indirectement, aux colonies d’Israël. Les investissements dans des entreprises fonctionnant dans les colonies d’Israël sont donc théoriquement interdits, ou du moins contrôlés.
Malgré ces décisions, cela n’empêche en rien l’Etat d’Israël de continuer sa politique meurtrière à l’égard du peuple palestinien. Le premier ministre israélien, fort du soutien inconditionnel de Trump, a annoncé la construction de 11 000 logements illégaux à Jérusalem-Est.

Les investissements des banques française dans la colonisation

A la suite de ce traité de différenciation, les groupes BNP Paribas, BCPE, Crédit agricole, société générale et AXA ont chacun pris des engagements, disant "protéger les droits de l’homme" (BNP Paribas), faire "preuve de la diligence voulue auprès de ses clients" (crédit agricole), ou encore “Protéger, respecter et réparer” (AXA).
Malgré ce traité de différenciation, qui n’est que pure hypocrisie, et les engagements pris par ces différents groupes, chacun d’eux possèdent encore aujourd’hui des parts dans des entreprises israéliennes qui participent activement à la colonisation, comme certaines banques (Bank Hapoalim, Bank Leumi, First International Bank of Israel, Israeli Discount Bank, Mizrahi Tefahot Bank) ou différentes entreprises, comme Elbit Systems, ou l’IEC (Israel Electric Corporation).
D’après ce rapport, les banques Israéliennes citées, toutes en lien avec les colonies, sont des acteurs importants de la colonisation : "Cette colonisation ne pourrait exister sans la contribution des banques israéliennes qui financent les constructions, et des sociétés israéliennes qui fournissent services et infrastructures dans les colonies. Le système bancaire israélien constitue un outil essentiel de la politique de colonisation, et les entreprises israéliennes contribuent au maintien et au développement des colonies israéliennes."

Elbit Sytems est quant à elle une entreprise israélienne de défense, principal fournisseur de drones de l’armée israélienne (utilisés notamment pour perpétrer des assassinats politiques), et a aussi participé à la construction de murs de sécurité dans les colonies afin de séparer les populations occupées des colons. Le grand mur de séparation a lui été construit à l’aide la société française Manitou, « leader mondial de la manutention tout terrain », au chiffre d’affaire de 1,2 milliard d’euros, qui a fourni machines et bulldozers pour sa construction. Lorsque ce ne sont pas les capitaux qui circulent ce sont les entreprises qui s’impliquent directement dans la catastrophique politique colonisatrice de l’État d’Israel.

L’IEC quant à elle alimente en énergie les colonies israéliennes, mais est surtout connue pour avoir coupé le courant de manière massive aux populations palestiniennes, en guise de sanction collective.

Quelles que soient les actions de l’Etat d’Israël, que ce soit des massacres de civils, des colonisations illégales, des assassinats politiques, les quelques petites mesures de façade prises pour essayer de faire bonne figure face au scandale de la situation en Palestine ne sont que des leurres face aux intérêts privés des grands groupes qui cherchent à tirer profit de la colonisation des territoires palestiniens. Les palestiniens ne peuvent compter que sur eux-mêmes et sur la solidarité internationale des travailleurs comme les dockers sud-africains de Durban et d’Oakland qui ont refusé de décharger des cargos en provenance d’Israël.

PHOTO : confiscation de terres palestiniennes pour l’implantation et la légalisation des colonies dites “sauvages”. (Source : Association belgo-palestinienne)




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