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Quel est ce robot-tueur utilisé pour la première fois par la police américaine pour éliminer un tireur ?

Publié le 11 juillet 2016

Il s’agit d’une première digne des films de science-fiction. Micah Johnson, le militaire sniper ayant tiré sur des policiers à Dallas pendant une manifestation (contre les bavures policières), a été éliminé par un robot tueur. Alors que l’indignation de la communauté noire a gagné le pays pour les traitements infligés, une autre question se pose : que penser de l’utilisation par la police de robots capables de tuer ?

Yohan Demeure

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Le chef de la police de Dallas, David Brown, a indiqué dans un communiqué que « deux snipers [avaient] tirés sur dix policiers depuis une position en hauteur pendant la manifestation » de ce jeudi 7 juillet 2016 en soirée à Dallas, pour un bilan de 5 policiers morts et 6 autres blessés. Un des tireurs, qui n’est autre que Micah Johnson, un militaire afro-américain ayant servi en Afghanistan, a été tué par un robot muni d’une bombe. Selon David Brown, toute autre option « aurait fait courir un grand danger aux policiers ».

Certains médias américains ont donné des éléments concernant ce robot télécommandé. Il s’agirait du F6 de Northrop Grumman Andros, un robot utilisé par les équipes de démineurs de l’armée US. Selon le site officiel du fabricant, le robot en question permet de « contrer un large éventail de menaces, dont des véhicules piégés ».

Le robot a donc été utilisé tel un robot-bombe, et la ville de Dallas en a trois en sa possession depuis le mois d’octobre 2015. Cet événement sordide est une première aux États-Unis, tandis que ce type de robot sert habituellement à désamorcer des bombes justement sans risquer de vies humaines. Selon Peter Singer, de la fondation New America, seul un appareil baptisé Marcbot « a été employé de la même façon par les troupes en Irak ».

L’arrivée de robots armés pouvant causer la mort d’être humains n’est absolument pas au goût de tous. En effet, certaines organisations s’en inquiétaient déjà en 2014. C’est le cas de l’ONG Human Rights Watch et d’International Human Rights Clinic (Université d’Harvard), qui motivent leur campagne contre les robots-tueurs en expliquant que ces machines « ne sont pas dotés de qualités humaines, telles que le jugement et l’empathie, qui permettent à la police d’éviter de tuer illégalement dans des situations inattendues ».

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