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Au siège de l’UDPS, à Kinshasa, des corps carbonisés

RDC. Kabila multiplie les crimes pour rester au pouvoir

Publié le 21 septembre 2016

Bien décidé à ne pas lâcher le pouvoir et à rester à la présidence, Joseph Kabila n’a pas seulement ordonné de tirer sur les manifestants à balles réelles. Plusieurs sièges de partis d’opposition, à commencer par celui de l’Union pour la démocratie et le progrès social d’Etienne Tshisekedi, ont été incendiés par les hommes à la solde de la présidence. Avec les militants à l’intérieur.

Corinne Rozenn

Le bilan de la répression contre les manifestations de lundi et de mardi à Kinshasa,capitale de la République démocratique du Congo, mais également dans plusieurs villes du pays, est extrêmement élevé. A Kinshasa, ce sont plusieurs dizaines de manifestants, peut-être quatre-vingt, la plupart originaires des quartiers populaires de la capitale de la RDC, qui ont été tués. Mais le régime a également décidé de s’en prendre directement aux sièges des principaux partis d’opposition.

A Limete, à la périphérie Est de Kinshasa, l’un des bastions de l’UDPS, c’est le siège central du parti qui y a été incendié, avec à l’intérieur trois militants. Le quartier, où se trouve la résidence du leader du parti, Etienne Tshisekedi, est bouclé par l’armée. Ailleurs dans la capitale, tout au long de la journée de mercredi, des heurts ont opposé les manifestants, l’armée et la police.

Kabila, qui a peur d’être définitivement lâché par ses parrains occidentaux, qui trouvent que son règne dure depuis trop longtemps et que son maintien au pouvoir pourrait générer davantage d’instabilité que de sécurité pour leurs investissements dans le pays, ne reculera devant rien. La détermination des manifestants, qui continuent de s’en prendre aux bâtiments publics et administratifs pour exprimer leur colère et d’affronter les forces de répression, ne semble pas pour autant faiblir. Le ministre de l’Intérieur a beau les traiter de « pillards », il n’échappe à personne que les manifestations en cours sont le fruit d’un vaste mouvement politique de protestation qui exige le départ de Kabila, au pouvoir depuis 2001, et qui veut renvoyer sine die les élections présidentielles, prévues à l’origine le 27 novembre prochain. C’est le même scénario qu’avait essayé de jouer un autre ami de Paris, en octobre 2014, au Burkina Faso. Au cri de « Blaise dégage ! », Compaoré avait d’ailleurs fini par être chassé du pouvoir par la rue. C’est le même sort que pourrait bientôt connaître Kabila, d’où les inquiétudes du gouvernement français.