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Notre classe

Menace de fermeture

Rassemblement Ford Blanquefort, des comités de suivi qui maintiennent le flou sur l’avenir du site

Ce lundi, alors qu'un nouveau comité de suivi concernant l’avenir de l’usine Ford Blanquefort à eu lieu, un rassemblement en soutien à la délégation syndicale s’est tenu. Suite à cette nouvelle réunion stérile, les travailleurs ont dès le lendemain tenu des assemblées générales.

La combativité des travailleurs de l’usine Ford à Blanquefort est reconnue depuis de nombreuses années, après la lutte de 4 ans (2007/2011) qui avait permis de sauver l’usine. La direction à depuis décidé de laisser la situation s’enliser, ce qui fait craindre une fermeture imminente du site. Ce sont près de 900 emplois qui sont menacés.

Un cahier de commande insuffisant et un investissement en suspend

Ce lundi un rassemblement a été appelé par la CGT pour soutenir la délégation qui a rencontré, dans le cadre du comité de suivi, la direction de Ford Europe à la Préfecture de Bordeaux.

Étaient présents du côté de la direction de Ford Europe : A. McCall, L. Cash, K. Cahill, S. Evison, A. Solbach. Du côté de la direction FAI : G. Inden, Ph. Harrewyn, P. Chevron. Du côté des pouvoirs publics : P. Dartout (le préfet) , A. Juppé (Bx Métropole), le député du Médoc, la Région Nouvelle Aquitaine, la conseillère départementale, la maire de Blanquefort

La logique des comités de suivi est perverse. Les dates étant très éloignées, maintenir une mobilisation est compliqué, mais le rassemblement a démontré que malgré cela, une partie des travailleurs restent mobilisés, et les soutiens ‘extérieurs’ ont été comme toujours bien présents. On peut souligner une délégation de Sud PTT, FO transport, la CNT, la CIP, OVMCQ, le Collectif de luttes33, CGT la Monnaie, CGT CAF, CGT inspection du travail, l’UL CGT Bordeaux Nord et les collègues de l’usine voisine de la CGT GFT.

Avant de débuter la réunion, la CGT a pris la parole par le biais de Philippe Poutou, expliquant qu’il ne fallait pas attendre beaucoup de cette nouvelle réunion, prévision qui s’avérait juste car dès la sortie l’énervement s’est fait sentir : un nouveau ‘temps de réflexion et d’expertise’ qui repousse toute décision concrète a été décidé.

De fait, la production tourne au ralenti depuis un moment déjà. La direction affirme de son côté que les boites de vitesses 6F15 et 6F35 permettront une charge de travail jusqu’en 2020. Les chiffres avancés ne sont cependant pas définitifs. Concernant les boites 6F15, une annonce devrait être faite début 2018, son programme étant jugé viable par la direction. Une production qui serait autour des 100 000 pour 2019 et 50 000 en 2020. Concernant « l’opportunité » d’augmenter la 6F35, les recherches continuent notamment sur le marché russe, où plusieurs chantiers sont ouverts pour des volumes nouveaux.

Une annonce de 5000 transmissions supplémentaires a été mentionné, une augmentation de façade dénoncé spontanément par un travailleur : « On fait ça en deux semaines ! ».

Cette mascarade est dénoncée par les travailleurs bien conscients que les commandes concernant ces deux produits pourraient être réalisées bien plus rapidement. C’est pour cette raison que le spectre de la fermeture imminente reste bien réel. Si la production reprenait un ‘rythme normal’, l’ensemble de la charge de travail serait bouclée bien avant 2020.

Ces deux produits sont les seules charges restantes de l’usine, car certains ont été transférés dans une nouvelle ‘co-entreprise’ juste à côté, celle de GFT (Getrag Ford Transmissions, dont des travailleurs étaient venus en soutien), tandis que d’autres ont été supprimés.

Une des revendications était notamment que la direction décide de faire produire une nouvelle boite de vitesse, la 8fmid, dans l’usine de Blanquefort. Une expertise avait été faite donnant de bons résultats sur la capacité de l’usine, en termes de qualité et de compétitivité, à produire ce nouveau produit. Malgré cela, la direction a annoncé une seconde expertise pour confirmer un potentiel investissement. Cette nouvelle expertise sera effectuée en décembre, mais l’information ne sera communiquée qu’en janvier lors du prochain comité de suivi, tout en précisant qu’une décision serait prise « courant du 1er trimestre 2018 », ce qui peu la repousser théoriquement jusqu’à fin mars, en sachant que l’accord qui avait été conclu entre Ford et l’État se finit en mai 2018.

On voit clairement que l’entreprise joue la montre et justifie les délais de décisions en expliquant vouloir diminuer le coût de lancement du nouveau produit qui serait d’aujourd’hui 127 millions d’euros.

On rappelle également que Ford s’était engagée en 2013, dans un accord-cadre avec l’État et les collectivités locales, au maintien de 1.000 emplois sur le site pendant cinq ans. Aujourd’hui l’usine comporte déjà moins de 900 salariés. Cet engagement est censé conditionner le versements d’aides publiques. Ors, comme le souligne une nouvelle fois Philippe Poutou : « En trois ans, l’usine a reçu 3,8 millions d’euros de CICE (crédit impôt compétitivité emploi). Avec quels résultats dans le même temps ? 200 suppressions d’emplois. », il a également rappelé que cette logique est à l’œuvre dans tout le pays, comme avec le combat des GM&S.

En réaction au résumé de la réunion fait par la CGT Ford, les travailleurs présents ont décidé d’appeler à des assemblées générales dès le lendemain (mardi dernier) afin d’en discuter, l’une à 6h, l’autre à 14h afin de toucher les différentes équipes de travail. Cet appel qui a seulement été relayé par la CGT a réuni une cinquantaine de personnes. L’inter-syndicale n’est pour le moment pas en bonne entente sur la manière de réagir à l’attitude de la direction, ce qui est regrettable au vu des mobilisations communes qui ont déjà eu lieu et avaient démontré un fort rapport de force. L’assemblée générale a essentiellement discuté de tenir une assemblée commune avec tous les syndicats rapidement.




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