Politique

Une gestion de la natalité en Afrique pour sauver la planète ?

Réchauffement climatique. Pour Sarkozy, c’est la faute à l’Afrique et à sa natalité !

Publié le 28 octobre 2016

Concernant le réchauffement climatique, il semblerait que Nicolas Sarkozy, qui avait récemment adopté un virage climato-sceptique, ait quelque peu changé ses positions. En effet, après avoir déclaré qu’il « fallait être arrogant comme l’Homme pour penser que c’est nous qui avons changé le climat », ce dernier a fini par admettre que « l’activité humaine contribuait à changer le climat ».. Mais que l’on ne se trompe pas, Sarkozy n’est pas devenu un grand défenseur de l’environnement ! Loin de là ses intentions. Ce dernier utilise ici la crise environnementale afin d’alimenter et de justifier des politiques racistes, avançant l’idée que la cause du réchauffement climatique était à chercher du côté de l’explosion démographique, pointant bien évidemment tout particulièrement le continent africain et prônant la mise en place d’une « politique de natalité ».

Dans un contexte social où le gouvernement opère jour après jour un tournant toujours plus raciste et réactionnaire, entendre de tels discours de la part de nos politiciens n’est pas chose rare ni étonnante, d’autant plus dans la bouche de Nicolas Sarkozy qui n’a jamais eu de complexe pour assumer ses positionnements racistes ; le discours à Dakar qui avait suscité de vives réactions en témoigne. Mais ces propos, qu’il faut contextualiser dans dans la campagne pour les primaires de la droite, témoigne d’un pas de plus franchi dans le racisme décomplexé. Á travers la proposition de la mise en place de « gestion de la natalité, par un organisme mondial dépendant des Nations unies pour surveiller l’évolution de la démographie dans le monde », c’est en réalité une politique de natalité à l’égard des populations africaines et plus généralement du « Tiers-Monde » que Nicolas Sarkozy souhaite. Ce dernier pointant du doigt l’explosion démographique au Laos et sur le continent africain, « première cause de la dégradation de notre environnement ». Instrumentaliser le réchauffement climatique pour stigmatiser es populations africaines, jugées trop nombreuses, telle est la nouvelle prouesse raciste et xénophobe de Sarkozy.

Mais les déclarations de Nicolas Sarkozy sont également une manière de nous détourner du véritable problème, à savoir le réchauffement climatique, considérant que celui-ci n’est pas central : « le plus grave défi de l’humanité (...), c’est l’explosion démographique sans précédent ». Ces propos servent également à nous détourner des vrais responsables de la crise environnementale, à savoir les grandes firmes et multinationales, guidées par le profit, ne se souciant guère des impacts désastreux qu’elles engendrent sur l’environnement et sur l’ensemble des populations. Parmi elles, beaucoup de multinationales de l’agro-alimentaire. A côté de cela, c’est également la responsabilité de l’État que Sarkozy souhaite nier en accusant la démographie africaine. L’État étant à la fois complice de ces multinationales qui polluent, pillent et détruisent l’environnement et les populations. En effet Sarkozy qui prétend chercher à pallier au réchauffement climatique à travers la mise en place de ces politiques natalistes, ainsi que le reste de la classe dirigeante, démontrent régulièrement qu’ils n’ont que faire de la dégradation de l’environnement. « L’échecdes sommets internationaux sur le changement climatique lors desquelles les Etats-Unis, la Chine et l’Europe refusent de réduire les émissions des gaz responsables du réchauffement climatique ou de l’effet de serre », en témoigne. La mise en place des grands projets dévastateurs souhaités et/ou lancés par nos gouvernements, tels que le projet de Notre-Dame-Des-Landes, ou bien les traités Tafta et Ceta, démontre également la responsabilité de l’État vis à vis de la crise environnementale dans laquelle nous baignons actuellement. Ces États qui n’hésitent pas à réprimer toute contestation sociale qui s’élève à l’encontre de ces projets destructeurs pour l’environnement, la répression de la COP 21 et de la résistance à Notre-Dame-Des-Landes en témoignent.

De ce fait, il est clair que c’est bel et bien au mode de production capitaliste et à son idéologie, à travers duquel les Etats et les multinationales guidées par le profit aux dépens des populations et de l’environnement, auquel il faut s’attaquer, et non aux populations africaines, qui, pillés, surexploitées et instrumentalisées par les pays impérialistes. Si l’on veut faire face à la crise climatique et les dégâts environnementaux, c’est bien à cet ordre qu’il faut s’attaquer !