^

Politique

Vers une convergence étudiant-travailleur ?

Selon BFMTV, « le gouvernement craint que les étudiants se joignent à la grève des fonctionnaires »

Même BFM le dit : « Le gouvernement craint que les étudiants se joignent à la grève des fonctionnaires ». Alors que l’Unef et la Fage, les deux principaux syndicats étudiants, étaient reçus hier par E. Philippe (il parait qu’il est Premier Ministre…) pour tenter de désamorcer la colère montante chez les étudiants, une mobilisation des étudiants pourrait (enfin) dynamiser le mouvement social contre Macron.

En cette rentrée sociale qui ressemble aux premières brises avant la tempête, les étudiants ont effectivement de quoi être en colère : baisse des APL, baisse tendancielle des moyens alloués pour les facs, sélection à l’entrée de l’université ou dans certaines filières, avec notamment la mise en place du système de tirage au sort qui fait que plusieurs milliers d’étudiants se retrouvent soit sans fac, soit dans une filière par défaut. Dans la continuité de ses prédécesseurs, Macron accélère la dégradation des conditions de vie et d’étude des étudiants. Si ces derniers ont leurs propres raisons de se mobiliser, ils sont aussi réceptifs aux revendications contre les ordonnances de la loi travail XXL. Déjà plusieurs AG de plusieurs centaines d’étudiants comme au Mirail à Toulouse dernièrement (400), Montpellier (150), et la présence de centaines d’étudiants dans des cortèges jeunes aux manifestations des 12 et 21 septembre derniers alors même que la plupart des étudiants n’avaient pas encore effectué leur rentrée. Sans pour autant parler d’un mouvement étudiant à l’offensive, il ne se passe pas non plus rien sur les facs, ni dans la tête des étudiants, et le gouvernement le sait et le surveille ; d’autant plus que désormais les étudiants ont fait leur rentrée.

Les gouvernements le savent bien : la jeunesse, quand elle se mobilise, peut entrainer les travailleurs dans son sillage, à l’instar du mouvement contre la loi travail en 2016 dans lequel ce sont les étudiants qui ont ouvert le bal en appelant à la première grande manifestation le 9 mars à laquelle s’était ralliée l’Intersyndicale. On se rappelle aussi du CPE en 2006 ou bien encore, plus lointain mais toujours présent dans la tête de nos ennemis, la lutte de mai 1968.

Tous les ingrédients sont réunis pour le cocktail explosif, c’est-à-dire une mobilisation globale réunissant étudiants, lycéens et travailleurs, public et privés, confirmés par le dernier sondage Harris pour LCP, qui révèle que 65% des personnes interrogées sont opposées aux ordonnances de la loi travail XXL. De leurs côté, les syndicats étudiants l’Unef et la Fage sont déjà à la manœuvre, et commencent à négocier dans le dos des étudiants, surtout la veille de la mobilisation d’aujourd’hui, et surtout en en sortant satisfait, les deux ayant trouvé la discussion « ouverte » et « constructive ». L’un s’autoproclame « LE » syndicat étudiant, l’autre est arrivé en tête des dernières élections étudiantes, mais les deux ne sont élus dans les instances qu’à de très faibles pourcentages des votes étudiants. Par ailleurs, si l’Unef appelle au moins à la mobilisation contre la nouvelle loi travail et participe aux cortèges unitaires jeunes, la Fage se soumet et adopte le même discours que Mailly à la rentrée, en disant que le dialogue peut se poursuivre sans besoin de mobilisation. Pour toutes ces raisons, ces deux syndicats ne sont pas représentatifs des étudiants et ne doivent pas jouer le jeu du gouvernement qui cherche à désamorcer la bombe étudiante. L’heure est à l’agitation et à la construction des AG sur les fac, et non à la négociation chez le Premier Ministre.

Crédits Photo : AFP/MIGUEL MEDINA.




Mots-clés

Loi travail 2   /    Grève   /    Politique