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Notre classe

Licencieurs hors de nos usines !

Tavares et Lemaire accueillis par la CGT à PSA Mulhouse : les assassins sur les lieux du crime

Ce vendredi 23 février, dans le cadre du lancement commercial de la 508 et sa présentation publique, le groupe PSA a décidé de faire les choses en grand : l’usine de PSA Mulhouse a accueilli le PDG, Carlos Tavares, accompagné du ministre Bruno Lemaire, lesquels ont du faire face à la colère des salariés présents.

Crédits photos : © AFP - Sébastien Bozon

Faire croire que tous les salariés ont le sourire, comme aime le dire à la presse la directrice de l’usine de PSA Mulhouse Corine Spilios : voilà le sens du show médiatique organisée par PSA hier dans le Haut-Rhin. Mais cette présentation en fanfare avait oublié les militants CGT, qui entendaient bien donner un autre son de cloche à l’occasion de la venue du ministre et du PDG, et d’exprimer la colère de tous les salariés, qu’ils soient embauchés, intérimaires ou sous-traitants : alors que les suppressions massives d’emplois continuent, que les conditions de travail sont toujours plus pénibles avec des suppressions de poste régulières, que la précarisation va grandissante avec plus de 1400 intérimaires dont 800 seulement au montage, Carlos Tavares, payé 13 500 euros par jour, dimanche et jours fériés compris, arrive tout sourire à l’usine. En un jour, le PDG gagne le salaire annuel d’un intérimaire, et il ose affirmer tout sourire que tout le monde est heureux dans la boite !

Exprimer notre colère au patron de PSA et à son serviteur le ministre de l’économie

Si Tavares et Lemaitre pensaient pouvoir venir à PSA Mulhouse faire leur show sans embûches, c’était mal connaître les syndicalistes : dès leur arrivée, à 11h30, les militants ont interpelé le ministre, lui demandant ce qu’il venait faire à Mulhouse alors que PSA avait supprimé plus de 25 000 emplois en cinq ans et que dans l’usine, un ouvrier sur deux était en situation de précarité avec des salaires de moins de 1100 euros. Des situations inacceptables dénoncées par les syndicalistes, d’autant plus que le groupe a fait presque 3 milliards de bénéfices et propose une augmentation de 19 euros… Pourquoi êtes vous venue encore plus de fric à PSA qui continue à licencier les ouvriers malades qui ne peuvent plus tenir leurs postes ? Le tout intervient dans un contexte social chargé, après la publication du rapport Spinetta et de l’annonce gouvernementale du recours aux ordonnances pour attaquer les cheminots : décidément, tout le monde est attaqué.

La réponse de Le Maire : mépris et condescendance

Face à ces question, le ministre a répondu avec son mépris habituel, expliquant que si le groupe PSA était sur le point de fermer cette usines, ce sont aujourd’hui des milliers d’emplois de créés. Dans son mépris de classe made-in Macron, le ministre a aussi expliqué que si la France allait mal, c’était à cause des gens comme vous (les syndicalistes), et que le président, élu par les français, et non par trois syndicalistes archaïques, ne sera pas arrêté par ceux ci pour aller au bout de ses réformes.

Évidemment, nous n’attendions rien d’un ministre de Macron ni de Tavares qui sont les meilleurs amis du monde quand il s’agit de casser tous les acquis du mouvement ouvrier, et d’avancer à grand pas vers une plus grande « flexibilité » du droit du travail. Après-guerre, un dicton disait que « quand Renault éternue, la France s’enrhume »… peut-être un de ces jours les usines Peugeot seront les nouveaux coeur des grèves ouvrières, et les sourires de Lemaire et Tavares s’effaceront bien vite.




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