^

Politique

Clé de bras et placage au sol

Témoignage. Violence policière à Nantes, en plein rassemblement de soutien à NDDL

Jeudi 12 avril, 16h30, sur le chemin de la gare de Nantes pour rentrer à Paris après 2 jours de déplacement professionnel, je ne m'attendais pas à assister à une scène de violence policière... Et pourtant !

Ce sont à peu près 200 personnes qui se sont réunies sur une place de Nantes pour témoigner leur indignation face a l’évacuation violente de la ZAD de Notre Dame des Landes. La majorité sont des jeunes, assis au soleil, canette à la main. L’ambiance est posée, tranquille... Rien qui ne justifie la présence des 200 CRS et 50 fourgons qui encerclent la place, laissant les piétons traverser, libres de leurs mouvements. Ayant 15 minutes d’avance pour prendre mon train, je décide d’aller jeter un œil, en speed.

Deux minutes à peine écoulées, je vois un mouvement de foule et entends des gens qui crient. Un CRS vient de provoquer un jeune, qui lui fait face et lui répond. Il est de suite plaqué à terre, clé de bras, visage au sol. Je décide de filmer, au cas ou ça dégénère. Nous défendre et être solidaires est devenu un réflexe, une nécessité. La scène dure 3 minutes. Trois longues minutes pour mon camarade au sol, qui est contorsionné, avec je l’imagine très bien, une énorme douleur aux bras.

Un CRS s’approche de moi et me lance "Vous avez une carte de presse ?". Je réponds "Non, mais pour utiliser un Smartphone pas besoin d’être journaliste". C’est qu’ils ne supportent pas être filmés... même si eux filment tout avec leur caméra au poing. Ils relèvent brusquement le jeune et l’embarquent, sous les huées des manifestants et passants. "Police partout, justice nulle part !".

Je dois partir prendre mon train, mais j’y vais la rage au ventre. Pendant que la ZAD se fait expulser, leurs soutiens se font eux aussi violenter et embarquer par les chiens de garde du gouvernement. Pas de justice, pas de paix ! Alors je prends mon stylo et profite des 2 heures de voyage pour écrire ce témoignage.




Mots-clés

NDDL   /    Répression   /    Politique