Notre classe

« Touche pas à ma ZEP » : l’ultimatum de grève reconductible lancée à Najat Vallaud-Belkacem

Publié le 29 novembre 2016

Depuis la rentrée 2016, la colère gronde parmi les professeurs du secondaire, dans les lycées, classés jusqu’en 2006 en zone d’éducation prioritaire et relevant à ce jour des « zones sensibles ». Depuis la rentrée, la suppression des moyens alloués à ces lycées se font sentir : sureffectifs dans les classes, suppression des primes allouées aux enseignants et des moyens supplémentaires pour mener des projets d’établissement. Partie du département des Hauts-de-Seine, ce sont près de 90 établissements répartis dans 14 académies qui étaient ce mardi mobilisés pour exiger l’allocation des moyens, leur pérennité, et la transparence du gouvernement sur la liste des établissements concernés par les récentes annonces de la ministre.

Yano Lesage

A Paris, ce sont près de deux cent professeurs qui se sont retrouvés pour manifester de la place Edmond Michelet (IVème arrondissement) à la place de la République. En Ile-de-France, ce sont les lycées du nord du 92 (avec 14 établissements représentés) et de la Seine-Saint-Denis qui sont les plus mobilisés. En tout, ce sont 14 académies, répartis sur tout le territoire qui sont touchés par le mouvement de grève, des lycées de Marseille au lycée Kastler à Denain, situé dans la banlieue de Valenciennes où le taux de grévistes était de 100%.

Depuis la dernière grève de ce type, le 17 novembre dernier, la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, a fait une série d’annonces dans lesquelles elle assure « entendre les inquiétudes des enseignants » et promet « la création de 450 postes supplémentaires pour la rentrée 2017 pour les établissements les plus défavorisés » en attendant une réforme de l’éducation prioritaire dans les lycées qu’elle prévoit pour l’année 2017-2018, soit après l’échéance présidentielle. Du côté du collectif « Touche pas à ma ZEP » et de la FSU, fédération enseignante majoritaire, ces annonces ne reposent sur rien de concret : la liste des établissements concernés n’a pas été divulguée et le ministère refuse de la paraitre, tandis que ces promesses ne dépassent pas l’horizon de la rentrée 2017.

Sur les primes « zones sensibles », la ministre assure qu’elle ne compte pas toucher. Mais c’est oublier que celles-ci ont déjà été supprimées pour les collègues agents de services et ouvriers (ATOSS).

Pour le collectif « Touche pas à ma ZEP », rien n’est gagné : les mesures annoncées n’ont qu’un caractère provisoire tandis que les critères d’attribution restent très opaque. De plus, ce surplus de moyen servira uniquement à absorber le surplus d’élèves arrivant dans les lycées.

L’assemblée générale qui s’est tenue mardi après-midi 29 novembre a lancé un ultimatum à la ministre pour obtenir la divulgation de la carte des établissements concernés par l’éducation prioritaire et les nouveaux moyens alloués.