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Jeunesse

Assemblée générale quotidienne

Toulouse le Mirail. Plus de 1000 étudiants votent la grève et la démission de Macron

Ce lundi se tenait la deuxième Assemblée générale (AG) de l’université du Mirail, à Toulouse. Environ un millier d’étudiants ont commencé à voter un « cahier de doléance » avec de nombreuses revendications, et ont décidé d’une AG et une action par jour.

Photo : Les étudiants du Mirail réunis en Assemblée générale le 10 décembre rendent hommage aux lycéens de Mantes-la-Jolie interpellés par les forces de répression.

Ce lundi 10 décembre se tenait la deuxième Assemblée générale des étudiants du Mirail. La première s’était tenue jeudi et avait réuni près de 3000 étudiants et lycéens, mais avait été interrompue avant les votes, afin de rejoindre une manifestation lycéenne se faisant violemment réprimer en centre-ville.

L’AG de ce lundi a réuni autour d’un millier de personnes et a été l’occasion de voter collectivement un certain nombre de revendications et de décider des modalités d’action et de mobilisation.

Les intervenants sont revenus sur le lien évident qui existe entre les luttes étudiantes et la colère qui s’exprime à large échelle actuellement. La sélection sociale à l’université, la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers « ne sont évidemment pas à découper des revendications des Gilets Jaunes qui se battent contre la vie chère, qui se battent contre le gouvernement Macron, quand on sait qu’aujourd’hui on est 20 % d’étudiants à vivre sous le seuil de pauvreté, qu’il y a un étudiant sur quatre qui saute des repas parce qu’il n’a pas assez de thunes… » explique Anna, militante à Solidaires Etudiant•e•s et au NPA.

De nombreuses interventions reviennent sur les autres secteurs qui sont entrés dans la bataille, et notamment l’institut de Sciences Po de Toulouse, occupé et mobilisé depuis la fin de la semaine dernière, qui a envoyé une délégation apporter son soutien au Mirail. Mais également les personnels de la fac, qui appellent à la mobilisation et condamnent la répression dans un communiqué intersyndical, et bien évidemment les lycéens, mobilisés massivement depuis plus d’une semaine à Toulouse, malgré une répression féroce, ainsi qu’une délégation de Gilets Jaunes toulousains.

Comme le rappelle Joachim (Solidaires Etudiant.e.s et NPA), l’université n’est pas détachée du reste du monde, « il faut changer la société pour changer l’université, on ne pourra pas gagner seuls dans notre coin ». C’est pourquoi de nombreuses interventions ont appelé à rallier la mobilisation en cours, en se joignant d’une part aux manifestations lycéennes qui auront lieu dans la semaine, en construisant un cortège de jeunesse (étudiants et lycéens) lors de la journée d’action de vendredi 14 décembre, mais également en se joignant à la colère des Gilets Jaunes.

Tout au long du débat, des étudiants cherchent à répondre à deux questions : « Comment faire tomber Macron, et pour mettre quoi à la place ? ». Margot (Solidaires Etudiant.e.s et NPA) explique que cela doit passer par la grève générale, contre les directions syndicales qui mettent sur un pied d’égalité les violences des soi-disant « casseurs » et la répression de la police. Et qu’il faut également que la mobilisation se structure démocratiquement, à l’image des Assemblées générales étudiantes, qui posent la question du pouvoir, et de qui détient la légitimité de décider de l’avenir de la majorité.

Cette Assemblée générale se conclue par un certain nombre de votes. Les étudiants revendiquent la gratuité des études supérieures, pour en finir avec des universités à deux vitesses et la sélection sociale. Ils revendiquent l’abandon de toutes les lois visant à sélectionner à l’entrée de la fac et un salaire étudiant permettant d’étudier sans se salarier. Ils exigent également la titularisation de tous les travailleurs précaires de l’université. Et évidemment, la démission de Macron a été votée à une très large majorité.

Le Mirail a également voté la grève reconductible jusqu’à la prochaine AG, dans un contexte où il a été décidé qu’il y aura une Assemblée par jour, suivie systématiquement d’une action. A également été décidé d’envoyer une délégation aux Assemblées des Gilets Jaunes qui se tiennent à Toulouse.

A l’heure où le mouvement étudiant est en train de s’amplifier et rejoint la colère des Gilets Jaunes nationalement, le Mirail entre enfin dans la bataille, aux côtés des lycéens toulousains.

Vidéo intégrale de l’AG :




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