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Politique

Infox gouvernementale

Université : Frédérique Vidal ment aux jeunes pour tenter de les calmer

La ministre de l'enseignement supérieur Frédérique Vidal était invitée à l'antenne de France Inter mercredi matin. Entre mensonges et ignorance de ses propres réformes, sa tentative de calmer la grogne des jeunes et des enseignants est une provocation de plus. Révolution Permanente décortique l'opération d'intox.

Vidal comprend le « ressenti » Parcoursup mais ne veut rien entendre

La ministre a annoncé l’accélération de la procédure Parcoursup, afin de « diminuer le stress » des lycéens. Selon elle, la colère serait le fait d’une information tardive des lycéens quant à l’attribution ou le refus de leurs vœux d’études. Accompagnant ce dispositif, elle a réaffirmé la mise en place d’un « répondeur automatique », qui permettra de faciliter la procédure. Tout pour éviter d’évoquer la « sélection » du dispositif qui est, de toute part, dénoncée.

Depuis près de trois semaines, les lycéens se mobilisent massivement pour exiger le retrait pur et simple de Parcoursup. Ils font face à une violente répression. Dans ce contexte, ces déclarations ont tout l’air d’une provocation de plus de la part du gouvernement. Comment penser que ces jeunes qui refusent une loi qui a opéré un réel tri social à l’université à la rentrée 2018, en en fermant la porte à des dizaines de milliers de bacheliers venus de lycées populaires, pourraient être calmés par de telles annonces ? En réalité, derrière la démagogie de Vidal, qui dit vouloir « écouter le ressenti », le gouvernement ne recule pas d’un pouce sur la sélection à l’université, et la ministre semble compter sur les violences policières pour faire rentrer dans le rang les jeunes qui la refusent, à l’image de l’opération scandaleuse de Mantes-la-Jolie.

Des déclarations contraires… à la directive ministérielle sur les droits d’inscription

Interpellée par la journaliste, elle a du se justifier de l’augmentation des frais d’inscriptions pour les étudiants étrangers. Ceux-ci doivent en effet être multipliés à la rentrée... par 16. Pour sa défense, la ministre a martelé que la mesure ne toucherait pas les étudiants étrangers déjà en France. Si cette rhétorique vise à désamorcer un potentiel mouvement étudiant qui pend au nez du gouvernement, il s’agit en réalité d’une affirmation contradictoire avec les circulaires ministérielles.

Une lettre signée par cette même ministre adressée aux présidents d’universités affirme en effet que les étudiants changeant de cycle devront payer (par exemple passant de la licence au Master), à moins que des exonérations de transitions ne soient mises en place par les différentes universités – avec l’accord de la Ministre. Celle-ci ment donc ouvertement, les étudiants étrangers déjà sur le sol Français devront donc payer jusqu’à 3800 euros, à moins que leurs universités respectives, qui manquent structurellement de moyens ne leur financent elles-mêmes des exonérations auprès de l’État.

En complément de cette intox, la ministre n’hésite pas à vanter son plan de bourses, lui aussi censé apaiser les esprits. Si elle n’a pas communiqué le montant prévu lors de son allocution sur France Inter, elle a insisté sur l’objectif d’en porter le nombre à 21 000 « à terme ». Un chiffre totalement dérisoire face aux centaines de milliers d’étudiants étrangers. Si ce dernier se porte à 500 000 comme l’affirme la ministre, les boursiers seraient à peine 4%.

Frisant le ridicule, Frédérique Vidal a également témoigné de son ignorance totale de la situation des étudiants étrangers. Elle a affirmé que ceux-ci n’avaient pas de compte en banque en France, alors qu’ils sont en réalité obligés d’en posséder un pour pouvoir venir en France.




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