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Whirlpool. Le nouveau repreneur de l’usine laisse 54 ouvriers sur le carreau

Les ouvriers de Whirlpool ne sont pas au bout de leur peine. Après s’être mis en grève pendant près de deux semaines, et avoir servi de mis en scène au duel Lepen/Macron, voilà qu’est annoncé la reprise du site, mais sans 54 des employés.

Pour rappel, c’est suite à l’annonce de délocalisation de cette branche du géant de l’électro-ménager en Pologne, entraînant la fermeture du site, que les travailleurs de Whirlpool s’étaient mis en grève le 24 avril, contestant les négociations pour le plan de sauvegarde d’emploi alors prévu. 290 salariés dont le poste aurait été supprimé, en plus de 250 intérimaires et d’une centaine de salariés du groupe Prima, sous-traitant de la boîte.

L’activité avait été reprise le 5 mai, un accord ayant été signé par les différents syndicats concernant le PSE. Whirlpool, non content de pouvoir commencer à entériner l’affaire avait alors déclaré vouloir trouver une solution « viable et de long terme pour l’usine et ses employés ».

Un appel à projet avait été lancé. Or, parmi les six offres, une semble faire l’unanimité...auprès des élus du comité d’entreprise (des représentants syndicaux) et de personnalités comme Xavier Bertrand. Le racheteur serait donc un « local », Nicolas Decayeux, possédant un groupe de fabrication de boîte aux lettres implanté dans d’autres pays européens. Le projet industriel pour le site concernerait une autre branche de production.

Seulement, sur les 290 salariés de l’entreprise (sans compter donc les intérimaires permanents et les sous-traitants), seuls 236 seraient repris. Restent 54 travailleurs qui voient leur situation mise dans une extrême précarité, et occultés par l’engouement pour ce nouveau propriétaire.

Les modalités des nouveaux contrats, le type de travail à produire, mais surtout le sort des travailleurs moins directement liés au site et celui des 54 salariés « en trop »… Tout cela reste encore sans réponse.

Le sort de tous les travailleurs de l’usine ou rattachées à elle reste encore très opaque. Et si toutes ces questions sont sans réponse, c’est bien parce que Whirlpool, 2eme leader sur le marché mondial de l’électro-ménager décrétait en février dernier que ce site ne lui permettait pas d’être assez concurrentiel – autrement dit, il y a des travailleurs à exploiter pour moins cher ailleurs...

Il reste maintenant à savoir si les ouvriers de Whirlpool vont accepter cette demi-solution d’un repreneur sans complète reprise. Une chose est sûre, leurs patrons actuels et futurs comptent bien sur le chantage au chômage pour casser les liens de solidarité qui peuvent exister entre les travailleurs et ainsi faire accepter cette « solution ».




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