Les peuples Sioux s’étaient déjà opposés aux démocrates de Barack Obama, qui incarnait pour eux l’homme des « drones et de la guerre ». La lutte emblématique de la réserve indienne de Standing Rock, située dans le Dakota, avait ainsi généré une vague de sympathie dans le monde entier. Les Sioux, unis avec les peuples Mdewakanton Dakota et Dine, avaient obtenu une victoire en 2016, en parvenant à faire annuler le décret d’Obama prévoyant la construction d’un pipeline sur leurs terres.

Malgré cette victoire, Donald Trump avait décidé de relancer le décret avec ceux qui approuvaient la construction de cet oléoduc dans le Dakota. Au vu de cette décision, les Sioux ont décidé de contester la mesure et de se mobiliser contre la Maison Blanche. Dans le même temps, ils se sont prononcés contre le mur que prétend construire le multimillionnaire à la frontière avec le Mexique.

D’autre part, la tribu Tohono O’odham, qui détient environ 10 000 km2 de terre en Arizona, a elle aussi déclaré au Guardian qu’elle refuserait le mur que prétend construire Trump. La communauté Tohono O’odham comporte actuellement 28 000 natifs. Avant la signature du traité de Guadalupe Hidalgo (signé le 2 février 1848 et qui met fin à la guerre américano-mexicaine), les Tohono O’odham se déplaçaient librement entre le désert de Sonora et l’Arizona.

Désormais, ils dénoncent le rôle de la Police migratoire qui a entrepris une guerre contre eux. Et ils se mobilisent contre le projet de mur à la frontière. « Il faudra me passer sur le corps » pour le construire, disent-ils, en expliquant que cette frontière « a découpé notre terre ancestral et divise les familles qui pouvaient aller et venir librement avant la création de la ligne frontalière ». Et ils rappellent : « Nous, nous sommes arrivés ici avant les nationaux et avant que les frontières nous divisent. »
Ces déclarations s’inscrivent dans le contexte où Trump a récemment insulté les membres d’une autre tribu, les Hopis (Hopitu-shinumu), en les qualifiant de « Pocahontas ».

Contre le gouvernement de Donald Trump, le mur, les déportations forcées et l’amplification des politiques xénophobes, les travailleurs mexicains et nord-américains doivent unir leurs revendications avec celles des peuples Sioux et Tohono O’odham. Contre le mur, il nous faut construire la résistance avec les travailleurs et les peuples indigènes des deux côtés de la frontière.