Cette nuit encore, la colère fait rage dans les quartiers populaires, en région parisienne, à Lyon, à Lille, à Grenoble, et partout sur le territoire. Face à une jeunesse qui se soulève contre les violences policières, l’Etat a décidé de franchir un saut dans la répression.

Aussi, des brigades anti-terroristes du RAID, de la BRI et du GIGN ont été déployés par Darmanin partout en France. A Nanterre, point de départ de la contestation, la BRI a pénétré dans le quartier Pablo Picasso autour de minuit.

A Roubaix, le RAID est mobilisé pour terroriser les jeunes de quartiers : des vidéos montrent des policiers prendre en joug des protestants avec ce qui ressemble à un fusil à pompe. Dans le Rhône également, la préfecture de région a confirmé la présence du RAID, une unité anti-terroriste déployée par exemple après les attentats de Mohamed Merah.

D’après le chef du service Police-Justice d’Europe 1, le Raid serait également déployé à Nice, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Rennes, Nancy, Lille, Strasbourg et Lyon ; le GIGN en Seine-et-Marne et Essonne, et la BRI à Paris, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne.

Face aux révoltes dans les quartiers populaires, l’État a donc décidé de déployer une répression intense et une gestion néocoloniale, renvoyant aux précédents guadeloupéens et mahorais, où des forces d’interventions spéciales avaient été déployées en novembre 2021 et plus récemment dans le cadre de l’opération Wuambushu. Alors que 40 000 policiers et gendarmes sont dans les rues cette nuit, soit près de quatre fois plus qu’au pic de la contestation contre la réforme des retraites, le ministre de l’intérieur a appelé à multiplier les arrestations, déclarant que « des instructions d’interventions systématiques ont été données aux forces de l’ordre » A minuit ce vendredi, on décompte au moins 100 interpellations.

La jeunesse des quartiers populaires fait la démonstration de toute sa combativité, s’en prenant aux forces de police, aux commissariats et aux mairies contre le racisme et les violences d’Etat. Face à la répression organisée par Macron et Darmanin, le mouvement ouvrier et le mouvement étudiant ne peuvent les laisser isolés et doivent construire la mobilisation pour durcir le rapport de force contre le régime et sa police, et exiger la vérité et la justice pour toutes les victimes de violences policières.