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Jeunesse

La campagne Poutou dans les facs

#Poutou2017, Présidentielles : le débat est ouvert à Paris 8 !

Les militants du NPA Jeunes de Paris 8 ont ouvert un cycle de débats publics autour des élections présidentielles. La première séance, qui s'est tenue jeudi 9 février, a réuni une trentaine d'étudiant.e.s venus échanger autour des enjeux actuels et des propositions programmatiques du NPA. La deuxième séance, qui aura lieu ce mercredi 15 février à 18h, ouvrira le débat autour des idées défendues par Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Ali Norbert

lundi 13 février 2017

C’est dans un climat particulièrement tendu que prennent place les élections présidentielles 2017. Le fossé entre la classe politique et la population est tel que, fait historique, ni le Président de la République, ni le Premier ministre ne sont en mesure de se représenter. Alors que les scandales pleuvent sur les principaux « grands » candidats et que le Parti socialiste se décompose, Jean-Luc Mélenchon peine également à surmonter ses contradictions et à incarner une alternative crédible. Enfin, la situation est marquée par les mobilisations actuelles contre les violences policières et le racisme, notamment suite au meurtre d’Adama Traore tué par des gendarmes en juillet 2016 et le viol de Théo par des policiers le 02 février 2017.

Dans ce contexte, nous sommes beaucoup à nous poser des questions. Les discussions politiques à l’université sont courantes. Doit-on voter ? Pour qui voter ? Comment les croire ? Comment se mobiliser ? Que faire ? Et parfois : Et Poutou, il en est où avec les signatures ? Alors qu’on ne nous demande jamais notre avis sur la société que l’on voudrait, et qu’aucune force militante ne propose de débat autour de ces questions, les militants du comité NPA de Paris 8 ont pris l’initiative de faire émerger un cadre afin de rendre possible une discussion collective plus que nécessaire et de présenter la candidature anticapitaliste et ouvrière de Philippe Poutou. Sous la forme d’un cycle de débats publics hebdomadaires, c’est aujourd’hui le seul espace disponible pour se rassembler, échanger et tenter de répondre aux enjeux de la période actuelle à Paris 8.

Pour la première séance, qui se voulait introductive et générale, une trentaine d’étudiants se sont donc réunis et ont discuté pendant 2h30. Dans un topo introductif sur la situation politique actuelle, une militante du NPA a rappelé une phrase du théoricien Antonio Gramsci particulièrement adaptée à la période : « Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. » Si les classes dominantes traversent une crise d’hégémonie sans précédent dans la Ve République, nous ne parvenons pas à atteindre un niveau d’organisation suffisant pour faire basculer le rapport de force et les renverser. La question qui se pose est donc celle de se rassembler.

La discussion a permis de confirmer l’ampleur du questionnement politique chez les étudiants. Que faire face au démantèlement de l’université publique et gratuite ? Comment se battre pour une université au service des classes populaires, pour une université réellement démocratique ? La réforme du master, organisant la sélection légale et systématique à l’entrée de la première année, inquiète. De plus en plus d’étudiants ne se sentent pas à l’aise dans des universités qui se privatisent, où le savoir n’a que pour vocation d’être utile aux entreprises et à la tête de laquelle le président ressemble de plus en plus à un patron. La question de l’emploi et du chômage était aussi au cœur des préoccupations des étudiants présents. Face au chômage de masse, la plupart des candidats ne proposent que la précarisation de l’emploi et la baisse des salaires. Pourtant, une solution simple et bien plus efficace existe : le partage du temps de travail entre toutes et tous. Cela impliquerait de remettre en cause la propriété lucrative des moyens de productions, au profit d’une gestion des entreprises par les travailleurs et les travailleuses eux-mêmes.

L’islamophobie, le racisme et les violences policières faisaient également partie des préoccupations. Si nous sommes tous sous le choc du tabassage et du viol de Théo par 4 policiers de la BST d’Aulnay-sous-Bois, la discussion a permis de mettre en évidence qu’il ne s’agissait pas d’une bavure, d’un dérapage ou d’un accident. Au contraire, il s’agit de l’aboutissement logique des pratiques policières quotidiennes dans les quartiers populaires et du racisme structurel intrinsèques aux institutions de la Ve République. Les militants NPA ont profité de cette discussion pour appeler à se rendre tou.te.s au rassemblement unitaire le samedi 11 février devant le tribunal de Bobigny pour réclamer justice et vérité pour Théo, Adama et toutes les victimes de violences policières.

Face au « panier de crabes »- dans lequel se débattent les différents candidats des partis traditionnels, la candidature de Philippe Poutou détonne. Un ouvrier, actuellement en lutte pour sauver son usine, peut-il faire de la politique ? Oui ! Et il le doit ! La candidature Poutou suscite un intérêt certain car elle permet d’envoyer un double message fort. Aux classes populaires et travailleuses : représentons nous nous-même, prenons notre propre parti ! Aux classes dominantes : votre monde est dépassé, vous partirez avec ! A l’invitation des militants NPA, plusieurs étudiants ont déclaré vouloir participer à la campagne, que ce soit en continuant ces débats, en militant la solidarité active contre les violences policières ou patronales, ou encore en partant en recherches de parrainages pour que Poutou puisse se présenter et remuer les débats entre candidats bourgeois. Le rendez-vous est pris !




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