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Statues déboulonnées. Trump déploie la garde nationale et la police pour arrêter les manifestants

De nombreux manifestants veulent déboulonner les statues de personnages historiques symbolisant le racisme systémique. Aux USA, les figures de l'esclavage sont particulièrement ciblées. Mais Trump, qui s'oppose fermement au mouvement, a déployé la Garde nationale.

jeudi 25 juin

Crédits photo : Tim Bradbury/2020 Getty Images

Avec la multiplication des manifestations contre le racisme et les violences policières aux États-Unis et dans le monde depuis la mort de George Floyd, on observe également un mouvement grandissant d’appels au démantèlement de statues, mémoriaux et autres symboles racistes et esclavagistes. Les appels de militants à renverser les monuments à la gloire de figures racistes se multiplient aux États-Unis mais aussi au Royaume-Uni, en France ou dans les territoires sous domination coloniale comme la Martinique, où le mouvement avait débuté avant même la mort de George Floyd.

Ainsi, selon un article du Point daté du 12 juin, aux États-Unis, ce sont notamment des statues de Christophe Colomb qui ont été prises pour cible. Le navigateur qui aurait selon l’histoire officielle été le « découvreur » de l’Amérique est de plus en plus perçu pour ce qu’il est : un colonisateur et une figure importante du génocide des Amérindiens. Une statue a été décapitée à Boston, une autre vandalisée à Miami et une troisième, abattue et jetée dans un lac à Richmond en Virginie. C’est également une statue de Jefferson Davis, président des états confédérés pendant la guerre de Sécession, qui a été déboulonnée à Richmond.

Plus récemment, selon le HuffingtonPost, c’est une statue de Andrew Jackson qui a été attaquée : « Dans la soirée de lundi, des manifestants ont justement tenté, à Washington D.C., là où se trouve la Maison Blanche, de mettre à terre une statue. Elle représente l’ancien président des États-Unis Andrew Jackson, qui soutenait l’esclavage » et « est également resté dans l’histoire pour avoir massivement fait déporter les tribus indiennes ». Le journal raconte que « les protestataires ont franchi le périmètre de sécurité renforcé autour de la Maison Blanche et ont accroché de longues cordes à la statue du septième président américain. Sur un côté de la statue, située sur Lafayette Square, le mot “assassin” (“killer”) a été écrit en lettres noires. »

Selon Le Figaro, « La police des parcs nationaux était intervenue et avait procédé à quelques interpellations. Le lendemain, le secrétaire à l’Intérieur, David Bernhardt, qui supervise cette force de police, avait appelé la Garde nationale à l’aide. A sa demande, le Pentagone a “activé environ 400 membres de la Garde nationale” pour empêcher “la destruction ou des dégradations sur les monuments” de la capitale fédérale ».

Mardi, dans des tweets, le président états-unien a déclaré : « J’ai autorisé le gouvernement fédéral à arrêter toute personne qui vandalise ou détruit un monument, une statue ou tout autre bien fédéral aux États-Unis, pour une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement, conformément à la loi sur la préservation du patrimoine des anciens combattants (Veteran’s Memorial Preservation Act) ou à toute autre loi pertinente. Cette mesure prend effet immédiatement, mais peut également être utilisée rétroactivement pour toute destruction ou vandalisme déjà commis. Il n’y aura pas d’exception ! »

D’après le Figaro, Trump a également « annoncé qu’il signerait d’ici la fin de la semaine un arrêté présidentiel pour punir ceux qui s’attaquent au patrimoine des Etats-Unis. » En clair, le président cherche par tous les moyens à réprimer les militants de Black Lives Matter. Ces derniers contestent les symboles racistes et esclavagistes et remettent en question les fondements du pouvoir politique états-unien. Le mouvement déstabilise Trump qui, en vue des élections, cherche à reconquérir sa base sociale sur des logiques réactionnaires. De manière générale, les militants antiracistes aux États-Unis remettent en cause du caractère structurel et systémique du racisme dans le pays, mais aussi la violence policière, et ce dans un cadre de critiques grandissantes envers la gestion du pays et de la crise sanitaire et économique par Trump.




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