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La peste impérialiste et le choléra djihadiste

Talibans à Kaboul : les Afghans veulent fuir, les troupes américaines les en empêchent

Après la prise de Kaboul par les talibans, des milliers d’Afghans ont tenté, en vain pour la plupart, d’embarquer dans un des derniers avions à quitter la capitale. Ils en ont été empêchés par les troupes américaines.

lundi 16 août

Après 20 ans d’occupation impérialiste et de conflits armés, les talibans ont mis les troupes afghanes et américaines en déroute, et ont réussi à évincer le président et à prendre Kaboul. Une situation qui s’annonce catastrophique pour la population afghane, qui va voir ses droits démocratiques se réduire comme peau de chagrin, en particulier les femmes, qui risquent d’être tout bonnement réduites en esclavage sexuel par les talibans. Les habitants de Kaboul ont déjà vécu sous le joug des djihadistes, et tentent depuis quelques jours de fuir la ville par milliers.

C’est ainsi qu’on a pû voir des images terribles de milliers de personnes qui se précipitent vers l’aéroport de Kaboul, le seul moyen restant pour quitter le pays par voie aérienne. Sur certaines vidéos, on voit même des personnes sur un tarmac, qui tentent de s’agripper au train d’atterrissage d’un avion militaire en train de décoller, qui ne s’arrête pas et continue sa course.

Il ne s’agit pas là d’un soutien populaire aux États-Unis, dont la présence militaire a plongé le pays dans la violence pendant des décennies, mais plutôt d’un instinct de survie. Les troupes américaines ont d’ailleurs tout fait pour empêcher les Afghans d’embarquer sur leurs avions, et ont même fait usage de leurs armes pour « calmer » la foule, en tirant en l’air, semble-t-il. Plusieurs morts sont à déplorer à l’intérieur de l’aéroport, mais pour l’instant, on ne sait pas s’ils sont décédés à cause des chutes et des bousculades, ou à cause des tirs.

Aujourd’hui, des milliers d’Afghans sont en danger de mort : des opposants politiques des talibans, mais aussi des personnes ayant collaboré avec les occupants américains, du soldat à la simple secrétaire en passant par l’interprète. Et le régime américain, à qui ils ont rendu de grands services, les abandonne aujourd’hui à la répression qui les attend.

S’il n’y a évidemment rien de progressiste à attendre des talibans, l’impérialisme américain est le premier responsable de la situation dramatique dans laquelle est plongée le pays. Une situation doublement réactionnaire, dans laquelle la population est confrontée à un choix impossible entre une nouvelle intervention militaire impérialiste et un régime extrémiste religieux.

Il est aujourd’hui urgent d’accueillir les réfugiés afghans et de leur accorder un droit d’asile. Ce que les puissances impérialistes refusent de faire : au contraire, ils appliquent une politique hyper-répressive envers les migrants, comme à Paris, où les demandeurs d’asile afghans sans abris sont harcelés par la police, et leurs logements de fortune systématiquement détruits.




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