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Politique

Rapport Spinetta

Un tiers des lignes de train supprimées : réforme ferroviaire, une attaque directe contre les usagers

Après la divulgation la semaine dernière du rapport Spinetta, la direction de la SNCF et les syndicats étaient reçus ce lundi à Matignon pour l’ouverture des « concertations » sur la réforme du ferroviaire à venir. À entendre Édouard Philippe et la ministre des transports Elizabeth Borne, il s’agirait avant tout d’une grande opération de modernisation du réseau, 36 milliards dépensés, tout ça pour le bonheur des usagers. Rien n'est moins sûr. C’est même tout le contraire que préconise le rapport remis le 15 février.

9000 km de voies supprimées

Jean-Cyril Spinetta, dans son rapport désormais fameux, préconise la fermeture des lignes jugées non rentables, c’est-à-dire des lignes qui relient les petites villes. Dans certains départements, comme le Périgord, c’est presque l’intégralité des lignes qui sont concernées par les critères définis par le rapport et qui seraient donc supprimées ! En Auvergne, ce sont 80 % des lignes qui pourraient disparaître. La ministre, interrogée sur la suppression de ces lignes, suggère que les régions pourraient prendre le relais. Cela semble cependant bien peu probable, et c’est tout le contraire que préconise Spinetta : le transfert de ces lignes de l’État aux régions « ne semble pas favorable à une réorientation des dépenses : il ne ferait que renforcer la responsabilité des régions et conduirait à sanctuariser ces lignes. Au contraire, l’Etat doit envoyer un signal clair, en ne consacrant plus aucun crédit aux lignes dont l’intérêt socio-économique n’est pas démontré ». Une logique économique qui occulte les millions de personnes qui chaque jour n’ont d’autres moyens de transport pour aller travailler, étudier, rentrer chez eux que ces lignes. L’alternative : la route, voitures individuelles pour ceux qui peuvent, ou bus Macron. Face à ces annonces, la colère monte chez les cheminots, comme chez les usagers.

Vers une hausse du prix des billets

Il suffit de regarder du côté de la Grande-Bretagne, dont le modèle ferroviaire, privatisé, est envié par la bourgeoisie française, pour avoir une idée de ce qui nous attend en termes de prix des billets. Là-bas en effet, les transports représentent 14 % à 20 % des salaires des usagers chaque mois… D’après le rapport remis au gouvernement la semaine dernière, "des marges d’amélioration des recettes semblent possibles". Le but est de dégager 200 millions d’euros de recettes supplémentaires grâce à une révision du système tarifaire, ce qui nous laisse imaginer ce que pourront être les prix dans les prochaines années. Est en train de se dessiner, comme pour l’université, et bien d’autres secteurs un système à deux vitesses : actuellement cette hausse des prix annoncée passe encore pour acceptable grâce à la gamme low cost de la SNCF : type Ouigo. La SNCF veut justement que Ouigo passe d’ici 2 ans de 5 % à 25 % des trains à grande vitesse. Or, si ces TGV sont encore relativement à bas coût, le rapport prévoit que leurs tarifs soient « progressivement réajustés » ! Le rapport demande que soit supprimé le principe de prix maximum sur les tickets.

En plus de détruire les acquis des cheminots, la réforme ferroviaire va donc considérablement augmenter les prix des transports, ce qui va avoir une influence directe sur les plus précaires qui devront consacrer un budget hors norme pour les transports. Le 22 mars, les cheminots seront dans la rue pour manifester contre le plan Spinetta, il est plus que jamais temps de les rejoindre et de construire une lutte massive contre le projet du gouvernement.




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