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Politique

Un dispositif quasi-militaire

17 novembre. Des hélicoptères de la gendarmerie pour « repérer » les gilets jaunes

Avec la mobilisation des « gilets jaunes » ce samedi 17 novembre, le gouvernement a préparé un dispositif sécuritaire des plus impressionnants. De sorte, qu’à Paris notamment, Michel Delpuech, le préfet de police désormais bien connu depuis l’affaire Benalla, compte bien déployer les grands moyens à coup d’hélicoptères pour quadriller toute la ville. Et ce n’est pas fini, le nouveau ministre de l’intérieur a provisionné 4 000 CRS et gendarmes mobiles à même d’être envoyés… dans toute la France.

Depuis plusieurs semaines, les services de renseignements sont plus que mobilisés pour traquer les fameux « gilets jaunes ». « Nous surveillons sur les réseaux sociaux toutes les initiatives que l’on voit fleurir, nous essayons d’en évaluer la portée », a indiqué Michel Delpuech, préfet de police de Paris. « Quoi qu’il en soit, nous nous préparons à gérer cette journée avec efficacité et pour faire en sorte que ces menaces de blocages généralisés restent lettre morte », poursuit le préfet. « Le dispositif est en train de se mettre en place à l’échelle régionale. L’idée d’abord sera de détecter ce qui se passe, de surveiller les axes structurants en Ile-de-France, couverts par de nombreuses patrouilles motocyclistes avec le concours d’hélicoptères de la gendarmerie. Nous placerons des “sonnettes” à proximité des barrières de péages pour détecter tout début de blocage », continue-t-il.

Mais le dispositif de répression est aussi coordonné à l’échelle national, et ce directement par le ministère de l’Intérieur. Pour tenter de déterminer l’ampleur de la mobilisation, Christophe Castaner a dressé un premier recensement, ce jeudi 15 novembre. Selon, le journaliste Hugo Puffeney, « le ministère de l’Intérieur s’attend à près de 1 500 actions sur tout le territoire national ». « Le ministère de l’Intérieur va mettre en place une cellule de suivi spécifique et 2 500 CRS et gendarmes mobiles seront prêts à intervenir. Ils sont mis à disposition, ils pourront aller en renfort des forces de l’ordre déjà présentes partout en France. C’est donc un dispositif de grande ampleur, sur le territoire national, mais aussi et surtout en région parisienne », détaille le journaliste. « Par exemple, des hélicoptères vont survoler le ciel de Paris pour repérer les "gilets jaunes", éviter les incidents et éviter le blocage total promis par les manifestants », conclut le journaliste.
Toute la semaine, le gouvernement n’a eu cesse de rappeler les risques encourus pour « manifestation non déclarée » ou « une entrave à la liberté de circulation », comme une forme d’intimidation, de sorte à décourager au maximum les « gilets jaunes ». « Trente unités de force mobile seront mises à la disposition des préfets afin de renforcer les effectifs habituels », selon le ministère de l’Intérieur. Au total, cela représente près de 4 000 CRS et gendarmes mobiles d’après Libération. « Une cellule de suivi sera mise en place » tout au long de la journée, affirme la place Beauvau. L’on apprend aussi dans la note des renseignements que près de 112 réunions préparatoires ont été répertoriées avant le week-end de mobilisation. Selon Libération, ces réunions rassemblaient « plusieurs centaines de personnes, parfois dans des salles, mais en majorité dans des lieux inhabituels (quai de gare, parkings…) » Infiltrés, les services de renseignements semblent donc bien informés.

Le préfet de police de Paris, connus pour ses déclarations dans l’affaire Benalla dévoile même une procédure judiciaire ultra-rapide mise en place pour réprimer. Ainsi, le préfet assure avoir mis en place un « traitement judiciaire spécifique » afin de s’occuper « en temps réel » des personnes interpellées et pour dresser… des PVs pour taper dans le portefeuille. Des dispositifs de répression extrêmement importants voir même des « nouveautés » mises en place par le gouvernement. Loin des soi-disant « préoccupations » écologiques du gouvernement, c’est donc la façon de mettre toujours plus de moyens au service de la répression et de la restriction des droits démocratiques qui lui prend le gros de sa réflexion.

Photo : THOMAS SAMSON / AFP




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17 novembre 2018   /    Répression   /    Politique