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Politique

Loi travail XXL

2500 CRS se mettent en arrêt maladie pour protester contre.. la fiscalisation de leur indemnité d’éloignement

Pierre angulaire du système répressif de l’État français, les Compagnies Républicaines de Sécurité ressentent un raz-le-bol généralisé : non pas de casser du manifestant et de l'ouvrier à longueur de journée mais du traitement du gouvernement qui veut fiscaliser leurs indemnités de déplacement.

Crédits : Christophe Archambault - AFP

2500 CRS se sont faits porter pâles ce matin. N’ayant pas le droit de grève, ils ont fait marcher l’arrêt maladie. Pour cette deuxième journée de mobilisation contre les ordonnances Macron, ils devaient être déployés afin d’assurer « la sécurité » ou plutôt la répression des manifestations, heureusement pour nous ils ont manqué à l’appel ce matin. Ceux chargés de la chasse aux migrants sont également restés dans leur caserne ce matin. Sur les 60 compagnies de CRS de service général, dites compagnies maintien de l’ordre, 50 devaient être mobilisées jeudi, selon le syndicat Unité SGP Police FO.

Contre la fiscalisation de leurs indemnités de déplacement

Les raisons d’une telle grogne ? On pourrait penser qu’après tout, en temps qu’être humain, ils en ont marre de taper sur des jeunes, des retraités, des ouvriers, des prof qui défendent leurs droits face aux attaques du gouvernement, mais non. Le problème ? L’argent ! L’an passé, pendant la loi El Khomri, ils avaient déjà poussé un coup de gueule. Leurs rémunérations et avantages n’étaient pas assez suffisants pour taper du gauchiste tous les jours. Ils avaient alors obtenu une augmentation de leur indemnité de déplacement et étaient retournés avec leur discipline légendaire réprimer le mouvement sociale.

Aujourd’hui, les chiens de garde enragés de la Vème République, dénoncent le projet du gouvernement de soumettre leur indemnité de déplacement au fisc. Didier Mangione, secrétaire régional de l’Unité SGP Police FO à Lyon, explique qu’ « il y a un ras le bol général du manque de reconnaissance. En moyenne, les CRS sont 180 jours en déplacement. Pour compenser l’absence temporaire du domicile, une somme de 39 euros par jour est versée. En 2016, il y a eu une revalorisation : elle de 30 euros auparavant. Cette année ce n’est pas le cas. Au contraire, le gouvernement a souhaité fiscaliser cette indemnité ».

CRS du côté des grévistes ?

Alors on pourrait se dire que le CRS est un travailleur comme un autre et qu’il a raison de vouloir une augmentation de salaire et de vouloir conserver ses acquis mais malheureusement ce n’est pas le cas. On ne peut pas apporter de soutiens aux CRS qui tabassent les manifestants, mutilent les gens qui osent se soulever contre l’injustice sociale. Leurs compagnies ne sont que des compagnies réactionnaires, la pierre angulaire d’un système répressif étatique.

Ce sont les CRS qui répriment les quartiers populaires, ce sont les CRS qui tabassent des retraités qui occupent une voie ferré pour protester contre la casse du service ferroviaire, ce sont les CRS qui crèvent les yeux de collégiens et de lycéens qui protestent contre la casse de l’éducation, ce sont les CRS qui permettent à l’État de briser un mouvement grâce à leur coup de tonfa, à leurs grenades de désencerclement qui tuent, à leurs lacrymo qui devraient être considéré comme armé chimique, ce sont les CRS qui expulsent les GM & S qui se battent héroïquement pour la défense de leurs emplois.

Alors que nous devons manifester et bloquer l’économie pour ne serait-ce qu’avoir l’attention du gouvernement, les CRS, preuve de leur rôle stratégique dans la situation politique actuelle, seront reçus dès vendredi à 07H30 au ministère de l’intérieur.

On sait très bien que les CRS vont être entendu mais tout de même on ne peut espérer qu’une chose que les négociations soient un échec et que leur mouvement continue car pendant ce temps là, nous pouvons manifester sans avoir la peur au ventre, sans avoir l’appréhension de passer la nuit en garde à vue avec des hématomes partout sur le corps, revenir avec un œil crevé, une plaie béante sur le crâne. Étrangement, dans des villes comme à Toulouse où aujourd’hui les CRS n’étaient pas présents ce jeudi 21 septembre, la manifestation contre la loi travail XXL s’est très bien déroulée.




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