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Monde

Nous sommes tou-te-s PepsiCo !

30.000 personnes à Buenos Aires contre la répression et la fermeture de PepsiCo

Il n’y a pas que les réseaux sociaux argentins qui ont été envahi par le hashtag #TodosSomosPepsiCo depuis quelques jours. A partir de 17h30, mardi, et dans plusieurs villes du pays, ce sont plus 30.000 personnes qui sont descendues dans la rue pour dénoncer la répression de jeudi contre les grévistes de PepsiCo licenciés par la multinationale nord-américaine.

Les travailleuses et les travailleurs ont tenu parole qu’ils poursuivraient la lutte contre la fermeture de l’usine PepsiCo de Florida, dans la banlieue Nord de Buenos Aires. A la tribune et dans la salle de conférences de l’Hôtel autogéré Bauen, leurs soutiens avaient réaffirmé leur solidarité et leur détermination à matérialiser leur appui dans une grande journée de manifestation, mardi. Contre la multinationale étatsunienne et contre le gouvernement de droite de Mauricio Macri qui est vent debout contre le syndicat combatif de PepsiCo et l’extrême gauche, ce sont plus de 30.000 personnes qui sont descendues dans la rue à Buenos Aires et dans plusieurs villes du pays.

Le lancement de la journée a été donné à Mar del Plata, où PepsiCo entend délocaliser la production après la fermeture de l’usine combative de Buenos Aires où travaillent 600 ouvriers et ouvrières. Devant la mairie, les manifestants ont réitéré leur appui aux PepsiCo de la capitale : « Nous sommes tous et toutes PepsiCo ! », le slogan a également résonné dans de nombreuses villes du pays, en fin d’après-midi et jusque dans la soirée, comme à Neuquén, où les ouvriers céramistes des usines autogérées de carrelage ont répondu « présents ! », comme les grévistes de l’industrie du bois de MAM, mais aussi dans plusieurs villes de la province de Río Negro (Cipoletti, General Roca, Bariloche, Catriel et Choele Choel), en Patagonie, tout comme à Santa Fe et à Rosario, à Mendoza, à Jujuy, à Córdoba, où la manifestation s’est terminée devant la mairie, en solidarité également avec les traminotes licenciées, en grève de la faim, ou encore à Tucumán, où le pont Lucas Córdoba a été coupé par les manifestants.

Mais c’est à Buenos Aires, bien entendu, que la mobilisation a été la plus importante, avec 30.000 personnes qui sont parties depuis l’Obélisque de l’Avenue de Mai, où le rendez-vous avait été donné. Parmi les personnalités appelant à la mobilisation, Adolfo Pérez Esquivel, prix Nobel de la Paix 1983, les Mères de la Place de Mai, mais également les dirigeants de la confédération syndicale CTA, Nora Cortiñas, Pablo Micheli et Hugo Yasky de la CTA, Roberto Baradel du syndicat des travailleurs de l’Education de la province de Buenos Aires (SUTEBA), le syndicat national des enseignants (CTERA), les dirigeants du syndicat des télécoms (FOETRA) Claudio Marín y Carlos Artacho de FOETRA, du syndicat de la fonction publique (ATE), « Nono » Frondizi, Beto Pianelli et Claudio Dellecarbonara pour les travailleurs du métro de la capitale, du syndicat du pneumatique (SUTNA) et les cortèges d’étudiants et de lycéens combatifs de la capitale qui suivaient les délégations ouvrières de plusieurs entreprises de la capitale et de sa banlieue.

L’extrême gauche argentine a bien entendu accompagné la mobilisation, avec les députés nationaux et les élus du Front de Gauche et des Travailleurs (FIT), présents depuis le début aux côtés des travailleurs en lutte, avec, notamment, Nicolás Del Caño, Myriam Bregman, Christian Castillo et Nathalia González Seligra (PTS), Néstor Pitrola, Marcelo Ramal et Gabriel Solano (PO), Juan Carlos Giordano (IS) ou encore Manuela Castañeira (MAS), Vilma Ripoll (MST) et Luis Zamora.

Le long cortège, filmé par drone, est passé Place de Mai, devant la résidence présidentielle, avant de finir devant le Parlement et le Sénat, où une tente a été montée pour réaffirmer la volonté des travailleuses et des travailleurs de PepsiCo de continuer le combat. Dans leurs prises de parole, les représentants et représentantes des grévistes ont souligné que leur combat n’était pas prêt de s’arrêter. A la suite d’une répression qui a scandalisé l’opinion publique qui a pu suivre en direct l’opération policière, jeudi matin, la colère s’est transformée en mobilisation. La journée de mardi l’a matérialisée, et les PepsiCo savent, aujourd’hui, qu’ils sont plus entouré-e-s que jamais pour poursuivre leur combat.

crédit photo : Enfoque Rojo




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