Société

Monsanto, dégage !

4ème manifestation contre le géant Monsanto

Publié le 24 mai 2016

Samedi 21 mai, des millions de personnes, partout dans le monde, ont marché contre Monsanto, les pesticides, les OGM et la brevetisation du vivant et ce pour la quatrième année consécutive.

En France, une quarantaine de villes selon l’AFP faisaient partis du mouvement et ont rassemblé des milliers de personnes. EELV, le Parti de gauche et Ensemble, ou le NPA ont régulièrement fait partie des marches ainsi que les associations type Greenpeace, le syndicat agricole la Confédération paysanne mais aussi certaines Nuit Debout.


Si Monsanto est explicitement cité, ce n’est pas le seul bien entendu à être concerné par les revendications des manifestants. Dow Chemicals, Bayern, pour ne citer qu’eux, font aussi partie de cette industrie juteuse. D’ailleurs, vendredi 20 mai, Bayern annonçait son intention d’acheter Monsanto. Ils jouent tous avec nos vies, font de nous des cobayes et ce partout dans le monde, au nom, disent-ils, de notre propre bien.

Les pesticides, c’est des effets toxiques pour l’être humain comme pour la nature qui nous permet de respirer, boire, manger.Le napalm, qui était composé avec une molécule utilisé dans les pesticides, montre bien que la forêt vietnamienne n’a pas été la seule victime. Les histoires de suicide aux pesticides ne viennent pas forcément des petits villages indiens mais parfois du village portugais dans les rues duquel on croise sa veuve. Les conséquences sur la santé sont multiples et dépendent de l’exposition. De la puberté précoce des petites filles bordelaises à l’incapacité de travailler à cause des effets des neurotoxines ingérées pour des milliers d’ouvriers et d’exploitants agricoles, la baisse de la fertilité mais la hausse des malformations, des enfants nés prématurés, des maladies neurologiques pour ses enfants qui ont le malheur d’avoir des parents en contact avec des produits dangereux.

Cela, s’était juste pour l’espèce humaine l’être humain mais c’est également tout l’écosystème qui est frappé. Les insectes et les animaux, qui participent à la fertilité et à la productivité des sols, meurent avec les parasites nocifs pour les plantes. Les abeilles sont perturbées par les neurotoxines, meurent plus et pollinisent moins à cause de certains pesticides particulièrement nocifs. Pourtant, elles font un travail social irremplaçable. Leur destruction a un coût qui n’est pas chiffrable, mais on sait déjà que son impact négatif sera énorme.

La culture de toujours moins d’espèces végétales, puisque les graines vendues par Monsanto sont brevetées, ne repoussant pas d’une année sur l’autre, ne sont choisies que pour leur rendement et achetées par beaucoup d’agriculteurs voulant trouver une solution à leurs problèmes. Cela qui provoque un appauvrissement des saveurs mais aussi nutritif. On estime que plus le rendement est choisi comme unique critère, moins la valeur nutritive est forte. 3/4 des glucides, des vitamines etc. ont été perdus dans certaines plantes mais l’augmentation du taux de gluten, par exemple, est par contre une réalité qui explique le nombre d’allergiques plus important.

Monsanto crée la misère, la famine, la maladie, appauvrie les sols, les aliments et les êtres humains. C’est au nom des hauts rendements contre la famine que Monsanto, comme les autres grands groupes, se sont implantés. C’est le volet agricole du plan Marshall de 1947 dont la France a bénéficié comme beaucoup d’autres et qui a exporté les produits comme ceux de Monsanto. Le problème est que ce haut rendement nourrit mal et empoisonne lentement mais sûrement l’être humain comme nous l’avons vu. Le problème c’est que la graine Monsanto ne repousse pas et ne reconnaît pas d’autres produits que les siens. Le problème c’est que les insectes s’habituent et demandent des molécules toujours pires. Cela engendre un cercle vicieux où les paysans s’endettent sans pouvoir parfois rembourser à cause d’une sécheresse ou d’un autre incident provoquant une mauvaise récolte. La dépendance que crée Monsanto c’est des milliers de suicides dans le monde chaque années et particulièrement en Inde.

C’est en cela que nos sorts sont liés à l’agriculteur Indien, à l’Argentin, au Brésilien comme à l’agriculteur espagnol ou à l’agriculteur français qui en un nuage de grêle voit disparaître la moitié de sa récolte d’abricot. Nous sommes liés par la production de nos aliments, par la barbarie qui tous les jours la sous-tend, par les risques que nous prenons en les oubliant, en les méconnaissant ou par non informations. Nous sommes tous des cobayes de l’industrie agricole alors que nous devrions produire nos aliments pour vivre et avoir un métier qui rend fier car vital pour l’humanité, pour ses besoins, pour sa créativité, pour ses saveurs merveilleuses et non pour une machine qui tue. Alors mangeons, pour l’instant sans avoir le choix mais battons-nous pour que cela ne puisse plus se produire à l’heure où l’Union Européenne ne connaît que l’arrosage des lobbies qui ne sont pas ceux qui protègent nos santés.

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