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Politique

Jusqu’au bout, le PS maintient la pression

A Lille, Aubry joue la rabatteuse pour Macron

Le soir du premier tour, Philippe Poutou balançait « on nous dit que pour barrer la route à Le Pen y'a Macron, mais le problème, c'est justement ça, c'est que Macron, il a récupéré tous les tocards de la politique ! ».

Crédits photos : Pascal Rossignol / Reuters

Confirmation à Lille, cette semaine encore. Il suffit de regarder les 60 000 exemplaires du courrier d’invitation imprimés par Martine Aubry et ses militants PS et distribués dans son fief lillois.
« Ras le bol de Macron », vraiment ? Il y a un an, Martine Aubry s’insurgeait contre la position d’Emmannuel Macron dans le gouvernement. Aujourd’hui, c’est contre ceux qui ne voteraient pas pour lui qu’elle porte la prétendue fronde. C’est surpris que les Lillois ont pu retrouver directement dans leurs boîte aux lettres des injonctions à soutenir Emmanuel Macron aux frais du Parti Socialiste.
Le jeu des figures dites républicaines continue -et ne fait pas de dupes- pour « éviter » que les « valeurs qui font la France » soient piétinées.
« Nous voici devant un moment décisif pour notre pays et pour la République. Dans ce moment d’une exceptionnelle gravité, j’ai souhaité m’adresser directement à vous », écrit la maire de Lille au début de ce courrier. Avec le style grave de l’urgence républicaine, elle rappelle sa volonté de soutenir celui qui, ministre, suscitait la colère des aubrystes.
Elle rappelle que « Marine Le Pen essaie de montrer une image plus assagie (...). Mais le Front national n’a pas changé, il continue de se nourrir des peurs et du désarroi ». Et de rajouter : « si l’extrême droite devait arriver au pouvoir, les valeurs qui font la France - la liberté, l’égalité et la fraternité - seraient piétinées par des projets xénophobes et réactionnaires ».
« Face à elle, nous ne devons rien céder, ne jamais transiger, faire preuve de clairvoyance, d’esprit républicain et de responsabilité (...). Le 7 mai, nous devons faire barrage au Front national en allant voter pour Emmanuel Macron », comme si les urnes étaient le seul barrage possible à l’extrême droite.
Aubry n’a pas manqué de rappeler, par ailleurs, qu’elle avait voté Chirac, contre Le Pen père, et Xavier Bertrand, pour contrer le FN aux régionales. Si sa position n’est pas étonnante, c’est plus la stratégie du Front Républicain de manière plus générale qui l’est. Fourvoyés dans la persuasion qu’ils seraient écoutés par leurs électeurs, Martine Aubry, comme tant de représentants du PS, appellent à consolider les politiques anti-sociales que perpétuera Macron pour prétendument faire face à Marine Le Pen et qui, en dernière instance, font son lit.




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