^

Notre classe

Productivité et sécurité ne font pas bon ménage

Accidents à répétition à Simply Market. Les cadences et le stress au travail en cause !

Les photos sont impressionnantes et pourtant il s’agit bien de deux accidents de chariots élévateurs qui ont eu lieu en seulement deux semaines dans un entrepôt Simply Market à Amiens. La direction du site cherchera sans doute à faire porter aux salariés la responsabilité de ces accidents qui auraient pu tourner au drame… pourtant c’est bien sa politique d’augmentation des cadences et de précarité toujours plus grande des salariés qui est l’unique responsable.

Comme l’explique la CGT sur sa page Facebook, « la sécurité et la productivité ne font pas bon ménage ». Or la direction de Simply Market, enseigne du groupe Auchan, a clairement fait le choix de la productivité au détriment de la santé des salariés. Alors qu’un plan social prévoyant 800 licenciements vient d’être validé dans le groupe et que le recours à l’intérim est chaque fois plus important, les salariés subissent les cadences infernales avec un système de quotas et de mise en concurrence entre eux qui leur impose de ranger 25 à 30 palettes de l’heure. Selon la CGT, il s’agit d’un chiffre inatteignable sans enfreindre les règles basiques de sécurité selon lesquelles les caristes devraient circuler dans l’entrepôt les fourches du chariot élévateur près du sol. Au lieu de cela, pour gagner du temps, la pratique couramment employée au vu de tous dans les entrepôts consiste à descendre la fourche tout en circulant. Parce qu’ils souffrent de stress au travail, qu’ils sont bien souvent intérimaires et craignent pour leur emploi, parce qu’ils ont des enfants à nourrir et subissent les pressions de leur hiérarchie pour atteindre ces quotas, les travailleurs en viennent à mettre leurs propres vies en danger et les accidents augmentent.

Nous relayons ci-dessous le courrier adressé par la CGT Simply Market logistique Amiens à la direction du site.

« Monsieur le directeur,

L’objet de ce mail est pour le moins parlant. Oui et de 2, deux accidents de chariot élévateur en 2 semaines, deux accidents pour le moins chanceux, car heureusement aucun blessé physiquement voire pire, car cela aurait pu être dramatique ! Celui de ce jour avec un chariot complètement retourné aurait vraiment pu causer un drame au sein de votre entreprise.

Alors après le constat de responsabilité, que vous ne manquerez pas de faire peser essentiellement sur les salariés, nous allons nous en tirer un autre ! Oui car les caristes sont en effet responsables de leurs chariots élévateurs, mais vous êtes pour le moins responsable de l’état mental et psychologique de vos caristes et c’est là où votre responsabilité dans le climat social intervient. Car nous dénonçons le management de l’encadrement du site depuis des semaines voire des mois, la pression du quota, la pression sur le personnel ne peut être un environnement sein d’une entreprise qui souhaite faire valoir des règles de sécurité irréprochables et non accidentogènes.

Alors pour vous il sera plus simple et évident de rejeter la faute sur votre salarié, que d’accepter que le site soit de plus en plus mal géré socialement. Et plus vous vous entêterez à soutenir la responsable du site dans son management à la baguette, plus vous obtiendrez un climat social délétère, et plus vous obtiendrez ce genre de situation.

C’est pourquoi la CGT vous alerte une nouvelle fois sur la situation du site pour éviter de tel accident qui aurait pu être dramatique, mais nous vous demandons de prendre de vraies mesures et engagements pour améliorer les conditions de travail et garantir la santé et la sécurité de tous.

Certain salariés se disent « choqués » de ce qu’ils ont vu ou appris ce jour. Nous vous demandons de prendre les mesures nécessaires pour accompagner les salariés, comme une cellule physiologique, un groupe de parole, avec un formateur CACES ou autre, qui pourrait aider les salariés dans leur analyse de leur travail et ne pas créer de psychose, chez les caristes notamment, qui pourrait encore plus aggraver la situation et augmenter le risque d’accident.

En attente de retour de votre part nous adressons une copie de ce mail à M. R., contrôleur du travail.
Cordialement. »




Mots-clés

Auchan   /    Grande distribution   /    souffrance au travail   /    Notre classe