^

Devant la commission d'enquête parlementaire

Affaire Benalla. Le préfet de police renvoie la patate chaude à Collomb …et à Macron

L'imbroglio se poursuit, et chacun cherche à couvrir ses arrières dans l'explosive affaire Benalla. Interrogé par la commission d'enquête parlementaire juste après Gérard Collomb, Michel Delpuech, le préfet de police de Paris, s'est dédouané de toute responsabilité et a directement chargé l'Elysée, et plus particulièrement Gérard Collomb et Emmanuel Macron.

Après Collomb, qui a affirmé n’être au courant de rien dans l’affaire Benalla, c’était au tour de Michel Delpuech, préfet de Police de Paris, d’être interrogé devant la commission d’enquête parlementaire ce lundi après-midi. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce dernier n’entend endosser aucune responsabilité.

Ainsi, Delpuech a déchargé les responsabilités sur le ministère de l’Intérieur, Gérard Collomb, mais aussi sur les services de l’Elysée. Outre le passage sur le « copinage malsain », qu’il a cherché par la suite à circonscrire au cas de Benalla, Vincent Crase et des trois policiers inculpés, à propos de la remise des vidéosurveillance à Benalla, le préfet de police s’est appuyé sur différentes informations qui ont fuités dans la presse.

« Dans la matinée du 2 mai, après un appel de l’Élysée qui m’apprend l’existence de la vidéo Benalla, j’ai pris deux séries d’initiatives : j’ai joint le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur qui me dit être déjà au courant et être en lien avec l’Élysée. En second lieu, j’ai lancé des investigations internes pour savoir comment M. Benalla s’était retrouvé place de la Contrescarpe alors que je n’en étais pas informé » a ainsi affirmé Delpuech, qui précise pour autant par ailleurs avoir géré « très personnellement les événements du 1er mai ». « Je peux vous affirmer que jamais m’est apparu M. Benalla. J’ignorais tout de sa présence » a-t-il continué. Après Collomb, Delpuech non plus ne savait rien de la présence de Benalla sur place ! « C’est le contrôleur général, chef d’état-major adjoint, qui a organisé l’accueil de monsieur Benalla » a t-il ainsi précisé.

Mais Michel Delpuech est allé bien plus loin. « Dans la matinée du 2 mai, après un appel de l’Élysée qui m’apprend l’existence de la vidéo Benalla, j’ai pris deux séries d’initiatives : j’ai joint le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur qui me dit être déjà au courant et être en lien avec l’Élysée. En second lieu, j’ai lancé des investigations internes pour savoir comment M. Benalla s’était retrouvé place de la Contrescarpe alors que je n’en étais pas informé » a t-il ainsi affirmé. Ainsi, Delpuech se dédouane complètement de toute responsabilité, et accuse directement l’exécutif. Macron et Collomb en premier lieu.

Alors que BFM TV a révélé que Benalla pilotait un projet de service secret à la française, il apparaît comme hautement improbable que Gérard Collomb n’ait pas été mis au courant. Dans le même sens, il apparaît également que le préfet de police en personne ne soit pas au courant de la présence de Benalla ce fameux 1er mai. Bien sûr, Delpuech n’entend pas être le dindon de la farce, et être un fusible, avec le corps de police qu’il représente, dans cette affaire. Mais au delà de sa personne, c’est bien l’institution policière dans son ensemble, que Michel Delpuech cherche à préserver du scandale. Cette institution policière qui a, à chaque manifestation ou intervention dans les quartiers populaires, adopte un comportement similaire à celui qu’Alexandre Benalla, ses compères policiers ou employé d’En Marche à ses côtés, ont tenu ce 1er mai. Une ligne par ailleurs partagée par l’ensemble de l’appareil d’État, qui voit bien que l’affaire Benalla met à nue la violence de ce système.




Mots-clés

Affaire Benalla   /    Gérard Collomb   /    impunité policière   /    Emmanuel Macron   /    Violences policières