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Aéronautique. PSE, Plan social, restructurations… À qui le tour ?

Airbus : suppression de 1000 postes

Publié le 24 novembre 2016

C’est au tour des salariés d’Airbus d’apprendre enfin le nombre de postes supprimés, soit 780 minimum. Et ce n’est qu’un début, car pour le moment nous n’avons pas encore entendu les chiffres du côté du secteur finances et achats généraux. Selon les syndicats (FO syndicat majoritaire dans le groupe, la CGT et la CFTC), il s’agirait de s’attendre à ce qu’en définitive, plus de 1000 postes soient détruits.

Solange Julien

5000 postes avaient déjà été détruits entre 2007 et 2008


La direction comme à son habitude justifie ce chiffre par souci économique, et met en place un plan de restructuration courant juillet 2017, en fusionnant plusieurs groupes en un seul. Les sites qui seront touchés et fragilisés par ce plan sont à Suresnes, à Ottobrunn en Allemagne et à Marignane.

La direction ne prononce pas encore le mot de « licenciements », mais compte déjà sur les départs à la retraite et les départs volontaires. Comme l’avait rappelé un délégué de la CGT Airbus lors de l’annonce d’un tel plan : logiquement, lorsqu’un carnet de commande est plein, et que les livraisons tardent, on pourrait s’attendre à des créations d’emplois pour combler ce manque, et pourtant… Supprimer des emplois dans ces conditions, licenciements secs ou pas, est une attaque qui engendre automatiquement une augmentation du nombre de chômeurs, ajoute du travail supplémentaire tout en provoquant une accélération des cadences pour ceux qui restent. En clair, des conditions de vie de plus en plus difficiles pour toutes et tous. Il devient alors compliqué d’avaler la pilule quotidienne du discours de cette classe qui nous rabâche que son seul souhait est de créer des emplois, alors qu’il renforce la contradiction où d’un côté ceux qui travaillent sont de plus en plus exploités, et de l’autre une part croissante se retrouve au chômage

De plus, il ne s’agit pas d’un petit carnet de commandes, celui-ci représente 1000 milliards d’euros cette année, contre 955 milliards en 2015, et 858 milliards en 2014, pour un groupe dont les bénéfices ne cessent d’augmenter chaque année ! Soit 2,7 milliards d’euros en 2015, et 2,3 milliards de bénéfices en 2014. Une fois de plus entendre l’excuse selon laquelle « les temps sont durs, l’entreprise est obligée de supprimer des postes pour faire des économies face à une période difficile » est insupportable ! Car tous ces groupes comme Latécoère, Airbus Hélicoptères, Aubert Duval, etc., ont des carnets de commandes et des bénéfices qui augmentent chaque année.

Les deux principaux concurrents dans l’aéronautique se passent le flambeau


Malgré de gros profits, Boeing avait supprimé 4500 postes en 2016 : à croire qu’il s’agit du concours de celui qui fera le plus d’économies en détruisant le plus de vies. Car tel est le gouffre sans fond dans lequel la concurrence entre capitalistes nous plonge, dans un système qui exige toujours plus de la part de celles et ceux qui produisent de la richesse mais qui n’en bénéficient jamais.