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Après Notre Dame des Landes, l’État montre les muscles en expulsant la ZAD de Bure

Ce jeudi, 500 gendarmes ont été déployés pour évacuer la zone à défendre de Bure, dans la Meuse. Une répression dans la droite lignée des déclarations de Macron après la victoire à Notre Dame des Landes et qui pose une série de questions.

Crédits photo : JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

« Je ne veux plus voir ce genre de Zad en France ». Cette déclaration d’Emmanuel Macron, le 17 janvier dernier lors de l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes n’est pas restée sans suite. Il faut dire qu’en terme de promesse répressive, le « président des riches », comme son prédécesseur à l’Elysée, trahit rarement sa parole.

C’est ainsi que ce jeudi 22 février, dès 6h30 du matin, 500 gendarmes ont été déployés pour déloger la quarantaine d’occupants du bois Lejuc, en lutte contre le projet d’enfouissement de déchets radioactifs à Bure. Un déploiement de force qui en dit long sur la volonté du gouvernement d’écraser toute contestation. De quoi ravir la droite et l’extrême droite, qui avaient appelé à la répression féroce des zadistes de Notre Dame des Landes. Le secrétaire d’Etat, Sébastien Lecornu, en charge du dossier, a annoncé en milieu d’après midi que la zone avait été totalement évacuée. A l’heure ou nous écrivons ces lignes, au moins une interpellation a été confirmée.

Interpellé à l’assemblée par une député de la France Insoumise, Nicolas Hulot s’est distingué par son habileté à manier la langue de bois. « J’aurais préféré ne jamais avoir traité ce sujet-là, c’est-à-dire qu’on n’arrive pas à cette situation, avec des déchets ultimes dont personne ne veut […] Sauf que maintenant, je suis aux responsabilités, la seule chose qui a changé, c’est ma fonction, et je ne peux pas faire disparaître ces déchets comme par enchantement. » a t-il ainsi déclaré, ne se jugeant pas en porte-à-faux par rapport à ses prises de positions antérieures contre le projet d’enfouissement des déchets à Bure.

Si l’usage de l’outil répressif de la part de l’Etat n’est pas une surprise en soi, la période post-victoire de la bataille de Notre Dame des Landes pose un ensemble de questions au mouvement de contestation type Zad. En effet, la simple occupation de zone et la construction d’une alternative en marge du système atteint clairement une limite. Car la simple résistance face aux grands projets inutiles, profitant aux grandes multinationales, pose la question du rapport de force, de l’expropriation de ces grands groupes et donc d’une alliance sur le terrain de la lutte des classes avec les secteurs de travailleurs mobilisés. En ce sens, les expériences de lutte sur les zads doivent permettre l’émergence d’un mouvement écologiste résolument lutte des classes, cherchant la prise en charge des questions environnementales par l’ensemble des travailleurs et leurs organisations.




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