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La droite arrive en tête mais le FIT confirme ses scores de 2013

Argentine. L’extrême gauche obtient près d’un million de voix

Lors des élections primaires obligatoires (PASO) qui dessinent le panorama politique pour les élections législatives et provinciales d’octobre prochain, le Front de Gauche et des Travailleurs (FIT) dépasse largement le seuil éliminatoire et obtient près d’un million de voix au niveau national, avec des pics à 15% dans le Nord du pays.

Lors de cette édition 2017 des PASO, système électoral instauré par le gouvernement Kirchner pour empêcher une trop grande fragmentation du champ politique favorisant l’ingouvernabilité bourgeoise et censé empêcher les petits partis d’accéder aux élections, la droite au pouvoir est arrivée en tête, contre toute attente. A l’extrême gauche de l’échiquier politique, cependant, le Front de Gauche et des Travailleurs (FIT) a largement rempli son contrat, en obtenant près d’un million de voix cumulées sur les listes qui se présenteront aux élections législatives et sénatoriales.

Les PASO qui étaient analysées par l’ensemble des commentateurs comme une espèce de référendum pro ou anti-Macri ont fini par favoriser Cambiemos, la coalition de droite au pouvoir depuis 2015 et qui est arrivée en tête dans plusieurs circonscriptions clefs comme la capitale ou les provinces de Córdoba et Mendoza, de même que dans celle de Santa Cruz avec 45% des voix, bastion, pourtant, des Kirchner (centre-gauche péroniste) qui ont été au pouvoir entre 2003 et 2015. Jusqu’à la dernière minute, la droite a bénéficié d’un soutien sans faille des principaux appareils médiatiques du pays. Dans la province de Buenos Aires, cependant, poumon économique du pays et la plus importante au niveau politique en Argentine, la situation est beaucoup plus complexe, avec des soupçons de fraudes dans certains bureaux alors que la droite et le kirchnérisme d’Unité Citoyenne se retrouvent au coude-à-coude avec 35
​% et des brouettes pour chaque liste ​, et pour lesquels les résultats définitifs seront peut-être rendus publics dans dix jours​. Là où le kirchnérisme a mené une campagne visant à se poser en « vote sanction » contre une droite austéritaire, Macri a eu beau jeu de rappeler que lorsque Cristina Kirchner a quitté la Casa Rosada après douze ans de pouvoir, elle laissait le pays avec un taux de pauvreté approchant les 30% et dans une situation décélération économique.

Dans ce cadre de forte polarisation entre le macrisme dur et Unité citoyenne, alors que les oustiders issus du péronisme de droite (Massa et Randazzo) n’ont pas réussi à émerger comme forces alternatives, le Front de Gauche et des Travailleurs (FIT), cartel électoral d’extrême gauche composé par le Parti des Travailleurs Socialistes (PTS), le Parti Ouvrier (PO) et Izquierda Socialista (IS) a réussi à consolider ses scores par rapport aux élections de 2015 et à se profiler comme la seule force politique indépendante des différents courants bourgeois et défendant une solution anticapitaliste et socialiste à la crise que connaît le pays et dont le cas le plus emblématique est la lutte contre la fermeture de l’usine Pepsico de la banlieue Nord de la capitale.

Les résultats dans la province de Buenos Aires, de même que dans la capitale, sont encourageants, avec des scores importants dans les provinces de Mendoza (Ouest) et de Jujuy (Nord). En fonction des résultats partiels communiqués lundi matin, heure argentine, Nicolás del Caño (PTS), candidat à la présidentielle en 2015 obtiendrait 3,62% et Néstor Pitrola (PO), 3 ,38% dans la province de Buenos Aires. Dans la capitale, Myriam Bregman (PTS) et Marcelo Ramal (PO) ont confirmé les résultats précédents du FIT avec, respectivement, 4,38 et 3,79% des voix sur leurs candidatures. Mais c’est en particulier dans deux provinces que les scores sont encore plus encourageants pour le FIT, avec 15% des voix pour Alejandro Vilca (PTS), éboueur, candidat dans la province de Jujuy, à la frontière bolivienne, et 8% pour Noelia Barbeito (PTS), actuellement députée nationale, qui se présentait à Mendoza, une province où le macrisme est arrivé en tête. A Santa Cruz (Sud), bastion du kirchnérisme, le FIT a obtenu plus de 8% des voix pour ses listes qu’il présentera aux législative et 7,35% dans la province de Salta, Raúl Godoy, ouvrier de Zanon sous contrôle ouvrier, membre de la direction nationale du PTS, obtenant quant à lui 6,7% dans la province de Neuquén. Alors que la polarisation entre la droite et le kirchnérisme se renforce, du point de vue de l’extrême gauche, les PASO montrent la possibilité que le FIT consolide son bloc parlementaire au niveau national lors des élections du 22 octobre et obtienne davantage d’élus encore au niveau provincial.




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