^

Politique

Nouvelles du Palais Bourbon

Assemblée Nationale. Qui sont les députés boulets d’En Marche ?

Macron promettait un renouvellement de l'Assemblée nationale avec l'investiture de candidats issus de la « société civile ». Maintenant que les nouveaux députés ont pris leur poste, regardons voir si le changement annoncé est si flagrant. Entre chefs d'entreprise mafieux, anciens strauss-khaniens, homophobes et truands divers, c'est la continuité dans le changement que propose LREM à l'Assemblée.

La brèche ouverte par la déferlante Macron a attiré, comme dans tout mouvement d’opportuniste, tous les plus arrivistes qui gravitent dans le champ politique ou parmi les entrepreneurs en mal de pouvoir. Ainsi, un certain nombre de profils corrompus se dessinent déjà parmi les néo-députés LREM.

La catégorie qui décroche la palme dans la composition de la nouvelle chambre à l’hémicycle est sans conteste celle des patrons voyous. Laurent Zameczkowski, candidat dans les Hauts-de-Seine, n’aura pas réussi à obtenir l’investiture malgré ses 41,92 % de voix au premier tour. Son compte off-shore à Hongkong et ses affaires de violences conjugales auront eu raison de lui. Cela n’a pas été le cas pour Laurent Garcia, jeune chef d’entreprise en Moselle, sous le coup d’une liquidation judiciaire prononcée en 2016 par le tribunal de commerce de Metz où les magistrats n’ont trouvé aucune trace de son activité et une négligence totale de ses responsabilités. Dans le même ordre d’idée, c’est la député Corinne Vignon qui s’illustre par des soupçons prononcés par le parquet de Toulouse à propos de ses activités annexes de cartomancienne qu’elle aurait caché au fisc.

Dans la même catégorie, le poids lourd du nouveau quinquennat n’est autre que Bruno Bonnel, un proche de Gérard Collomb. Ce dernier constitue à lui seul un condensé de tout l’esprit d’En Marche ! tant il incarne à la perfection l’arrivisme de ce mouvement. Épinglé pour ses deux sociétés domiciliées au Delaware, un paradis fiscal américain particulièrement connu pour ses montages financiers, il rétorque que la notion de paradis fiscal est « relative et nouvelle ». Pour un futur député chargé de voter la moralisation de la vie publique sous peu, la douche risque d’être froide. Sûrement aussi froide que lorsqu’il s’amusait avec la vie des salariés dans l’émission de télé réalité The Apprentice : Qui décrochera le job ?, diffusée sur M6 en 2015, dans laquelle il avait lancé à un candidat : « Vous m’avez fait perdre de l’argent, je déteste ça ! Vous ne travaillerez pas pour moi ». Assurément, celui qui occupait le même poste que Donald Trump dans cette émission saura rendre la vie publique great again.

Mais LREM n’attire pas que des truands. Le nouveau parti de Macron se révèle être aussi un puits de bonnes idées comme celle d’Anissa Khedher, élue dans le Rhône, d’« installer des paravents au milieu des classes » dans les ZEP pour réduire le nombre d’élève par classes. Assurément, les conditions d’enseignement ne pourront en être que meilleures... Et pour clore ce chapitre sur les idées réactionnaires, on peut mentionner les propos homophobes d’Olivier Serra, député de la Guadeloupe, pour qui l’homosexualité est « une abomination ».

Enfin, le renouveau des députés laisse à désirer quand on constate que le chef du groupe parlementaire de LREM est désormais Richard Ferrand, ancien proche d’Emmanuelli, qui traîne depuis des années entre le conseil régional de Bretagne et son poste de député du Finistère. On peut également compter sur Benjamin Griveaux, élu dans la cinquième circonscription de Paris, ancien strauss-kahnien, qui fera sûrement des merveilles en tant que secrétaire d’État du ministre de l’Économie et des Finances.

Contrairement au discours de Macron qui veut faire croire à une Assemblée nationale régénérée et enfin moralisée, il faut souligner que les profils attirés par LREM, et ce ne saurait être autrement au vu des intérêts qu’ils défendent, sont tout sauf ceux de gens vertueux et désintéressés. Beaucoup d’arrivistes et d’opportunistes ont grossi les rangs du mouvement qui incarne la recomposition politique du macronisme.

Crédits photos : Gilles Bassignac/Divergence pour le JDD




Mots-clés

La République en Marche   /    Macron   /    Politique