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Politique

Ecole sécuritaire

Blanquer : des mesures inspirées de l’armée et des prisons pour les écoles

Le #Pasdevague qui a animé toutes les vacances scolaires et la réponse par le tout-sécuritaire de la part du gouvernement ont forcé Blanquer à prendre des mesures pour répondre à la frustration d'une partie des enseignants. En attendant un plan d'action complet d'ici la mi-décembre, le ministre de l'éducation nationale a détaillé mercredi les premières mesures qu'il compte prendre dès la rentrée lundi prochain. Un constat s'impose : Blanquer compte mettre au pas l'école en s'inspirant du modèle de l'armée et de la prison.

Mercredi dernier, le ministre de l’éducation nationale dévoilait les mesures d’urgence qu’il compte prendre dès la rentrée des vacances de la Toussaint à la sortie d’une réunion avec les recteurs d’académie. Si l’annonce faite de permettre une présence physique des forces de l’ordre dans les établissements a été quelque peu réduite à « certains cas », sans être abandonnée pour autant, Blanquer n’en propose pas moins tout un ensemble de mesures d’inspiration militaires et impose, face à la frustration des enseignants comme des élèves, son agenda réactionnaire.

Face à la violence sociale, le gouvernement répond par plus de violence
Le premier volet de mesures prises concerne l’arsenal des sanctions. Les conseils de discipline pourront se réunir plus rapidement et avec moins de personnels, afin de sanctionner rapidement les élèves.

Parmi les sanctions que le ministre compte aussi voir se diffuser, on compte la « sanction de responsabilisation » qui consiste à faire réparer sa faute à un élève. Cette sanction, peu utilisée pour le moment, s’inspire clairement des travaux d’intérêts généraux, et va nettement dans le sens de « criminaliser » les élèves sans s’attaquer aux causes de la violence sociale dont les élèves sont les premières victimes. La mise en place d’un registre numérique pour consigner les incidents dans les établissements va dans le même sens et permet un fichage et un flicage précoces des élèves.

Pour le cas des élèves exclus ou multi-exclus, la réponse du ministre de l’éducation nationale est la même. Tout d’abord, Blanquer veut instaurer une « période probatoire », véritable liberté surveillée, pouvant aller jusqu’à un mois où un élève exclu soit obligé d’aller quotidiennement rendre compte de son comportement à un personnel d’administration. Le modèle carcéral de ce type de dispositif est on ne peut plus visible. Pour les plus récalcitrants, Blanquer veut instaurer des centres spécifiques formés sur le modèles des Etablissements publics d’insertion de la Défense (Epide) dont l’organisation est d’inspiration militaire. Alors qu’il existe déjà des centres éducatifs fermés et des classes-relais, Blanquer veut ajouter un dispositif supplémentaire très répressif.

Face la baisse des moyens, la précarisation des personnels, des conditions de travail et d’étude ainsi que la sélection sociale des étudiants, sélection renforcée par parcoursup, Blanquer répond en mettant au pas l’école en s’inspirant du modèle de l’armée et de la prison. Sans s’attaquer aux racines des problèmes de l’école, le ministre de l’éducation nationale continue de réformer le « pachiderme préhistorique », comme il l’appelle, dans la direction que Macron veut voir prendre à toute la société : un monde de compétition et de répression systématique.

Crédits photo : LUDOVIC MARIN / AFP




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