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Ce que révèle la gifle du chauffeur de bus sur les méthodes de la RATP

La vidéo est devenue virale. Jeudi 13 septembre, à Arcueil, un adolescent traverse dangereusement la route et oblige le bus 323 à piler brusquement. Le conducteur reprend le mineur par la fenêtre pour le sermonner, ce à quoi l'adolescent aurait répondu avec un « Ferme ta gueule et conduis ton bus ». Le chauffeur est alors descendu et a mis une grosse gifle au jeune.

Tandis que la RATP menace le conducteur de révocation, ses collègues on lancé une pétition qui a recueilli plus de 237 761 signatures afin qu’il ne soit pas renvoyé. « L’adolescent l’a bien méritée », disent quelques-uns… Un débat qui met en lumière la pertinence de certaines « méthodes éducatives » mais aussi les conditions de travail de conducteurs, ainsi que les responsabilités de l’employeur : la RATP.

Bien évidemment, la gifle n’est pas une méthode éducative, et il y a fort à parier que le conducteur aurait réagi différemment s’il s’était agi d’un adulte, et non d’un adolescent. Ceux qui crient aux « incivilités » de jeunes, se frottent les mains avec ce genre d’affaires où un adolescent peut avoir un comportement déplacé, et d’autant plus si le jeune en question habite de l’autre côté du périphérique. C’est le cas de Brice Hortefeux, ancien bras droit d’un certain amateur du kärcher qui voulait débarrasser les voisins de la « racaille », et qui, en allusion à cette affaire, dit comprendre « le ras le bol des citoyens », selon LCI.

Mais le chauffeur incriminé a reconnu son tort, et malgré ses excuses, il risque d’être licencié. Ce que cette affaire met particulièrement en lumière, c’est les méthodes de direction inhumaines de la RATP, pour qui les travailleurs doivent effectuer sept heures de conduite par jour – qui plus est à Paris où la circulation est particulièrement stressante. Mais au-delà de la conduite, les chauffeurs doivent également gérer la vente de tickets, échanger avec les voyageurs qui sont loin d’être tous aimables… Autant de tâches accomplies par un seul et même travailleur.

Et au lieu d’augmenter le nombre de travailleurs, dans l’objectif que les conducteurs de bus soient moins seuls et qu’ils travaillent moins sous pression, la RATP supprime des lignes et réduit les effectifs, ce qui a évidemment un impact sur les conditions de travail et la qualité du service pour les usagers.

Pire, dans la logique de privatisation de la RATP, la direction a même investi dans la création d’une Brigade de Surveillance du Personnel (BSP) qui a pour rôle de faire régner un climat répressif sur les agents au statut, afin de les pousser plus vite vers la sortie.

Dans ce contexte où la direction cherche à faire régner la terreur sur ses employés, il n’est évidemment pas étonnant que certains commettent des erreurs.




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