^

Notre classe

Les élèves qui soutiennent Gari et Oscar réprimés à leur tour

Collège Gay-Lussac, Colombes. Manifestation ce samedi pour les profs en grève de la faim

Après des sanctions, l’an passé, pour faits de grève à l’encontre des profs du collège de Bellefontaine, à Toulouse, où une enseignante, Laure, avait fait une grève de la faim contre sa mutation d’office, c’est au tour de Gari et Oscar, collègues du collège Gay-Lussac, à Colombes (92), de subir l’acharnement du rectorat de Versailles, pour avoir fait grève, l’hiver dernier, contre la réforme de l’Éducation prioritaire. Les deux tiers des collègues de Gari et Oscar sont en grève reconductible depuis vendredi 18 septembre. Ils exigent le retrait de toute poursuite contre les deux enseignants qui ont entamé lundi une grève de la faim pour dénoncer l’atteinte au droit de grève et exiger le retrait des procédures disciplinaires. Une manifestation est prévue ce samedi, alors que la fin de la semaine a été des plus tendues. Nicolas Rossel

A l’approche de la manifestation d’aujourd’hui, la tension est montée de deux crans au collège Gay Lussac. Jeudi, à l’issue de la recréation de 10h, les élèves refusent de monter en classe et commencent à scander des slogans de soutien à Gari et Oscar en occupant la cour. Œufs, fumigènes, pétards fusent alors de toute part. Les jeunes ont certainement dix mille raisons de se révolter contre ce système qui réprime leurs profs et qui les réprime aussi au quotidien.

Malgré tous les efforts d’intimidation de la direction, aucun élève n’est allé en cours, et le principal décide même de fermer le collège. Le lendemain, toute la clique de l’inspection académique se pointe sur l’établissement, accompagnée de « médiateurs » de l’éducation, les fameux contrats aidés à mission polyvalente. Leur venue a déclenché à nouveau la mobilisation des élèves. « Dans la cours ils ont fait un pas en avant vers les élèves, puis deux pas en arrière » raconte Oscar.

Le but de cette visite des « chefs » était également de mettre la pression sur les élèves, les profs et les parents solidaires, pour essayer de diviser le mouvement. Ainsi la direction se plaisait à expliquer aux collègues grévistes qu’il y aurait des retenues sur salaire. Leur escalade a eu pour effet de renforcer la grève, toujours majoritaire dans le collège. De ce fait, la direction s’en est prise surtout aux élèves, isolant une dizaine d’entre eux (au hasard ?), afin de faire un exemple. Ces élèves sont menacés de sanctions. La direction avait même demandé aux profs de faire passer le message suivant : les élèves risquent des « sanctions pénales ». Quelle méthode d’intimidation et de répression honteuse !

Cette attitude soudaine et brutale des chefs n’est pas un hasard. La pression vient directement du ministère qui a demandé à ce que le collège « fonctionne normalement ». Dans le même temps Gari et Oscar ont reçu un appel du médiateur du ministère, ce qui signifie que le cas des collègues est enfin discuté au niveau du Ministère....au bout de 12 jours de grève de la faim.

Quoi qu’il en soit, les conseils disciplinaires de Gari et Oscar sont prévus les 9 et 15 octobre prochains. D’ici là, la mobilisation devra monter en puissance pour créer un rapport de force qui empêche l’Éducation nationale de sanctionner les collègues, voire de tenir ces conseils illégitimes. Une manifestation dans la ville de Colombes est prévue ce samedi à 14h, au départ du collège afin de rendre plus visible cette lutte et de regrouper des soutiens plus nombreux. Gari et Oscar poursuivent leur grève de la faim et leurs collègues sont en grève pour les soutenir : ils ont plus que jamais besoin du soutien des profs, des parents, des élèves et des organisations du mouvement ouvrier.

Départ de la manifestation, samedi à 14h, à partir du collège, 12 rue Gay-Lussac, à Colombes




Mots-clés

Education   /    Répression   /    Notre classe