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Politique

Traque des migrants

Defend Europ : affaires classées pour les fachos, condamnations pour les militants solidaires

Les doudounes bleues des zélés militants d'extrême-droite de Defend Europ ont fait le tour des réseaux sociaux ces derniers jours. Jugeant encore insuffisant le tournant réactionnaire et xénophobe effectué par Emmanuel Macron et Gérard Colomb avec la loi Asile et Immigration, ces individus ont jugé bon de suppléer l’Etat et ses flics en chassant eux-mêmes et leur livrant des migrants traversant la frontière italienne au niveau des Alpes.

Photo : twitter @DefendEuropeID

Dans un contexte où la répression contre les migrants s’accélère, et que traverser la frontière italienne devient de plus en plus difficile, le passage par le col des Hautes-Alpes est de plus en plus emprunté par les réfugiés. C’est là que Génération Identitaire a choisi d’installer une barrière de chantier sur plusieurs centaines de mètres pour matérialiser la frontière, et déployé une immense banderole arborant le message « Vous ne ferez pas de l’Europe votre maison. Rentrez chez vous ».

Une mission dont on se passera de rappeler le caractère horrifique et, même selon les critères de la justice de l’Etat français, à la légalité plus que douteuse sur de nombreux points. Cependant ceux qui s’autoproclament « milice des frontières » sont bien loin d’être inquiétés par les forces de l’ordre. Alors qu’une enquête préliminaire avait été ouverte pour violences en réunion, l’affaire a été classée sans suite au bout de 24 heures. Le procureur de Gap a déclaré ne constater « aucune plainte, ni aucune infraction pénale susceptible d’être reprochée à l’encontre de quiconque ».

Un traitement qui tranche pour le moins avec celui subi par les militants venant en aide aux migrants, régulièrement contrôlés et interpellés, quand ils ne sont pas carrément condamnés en justice comme Cédric Herrou. Ce dernier, agriculteur dans la vallée de la Roya, a encore écopé de 4 mois de prison avec sursis l’été dernier pour avoir hébergé et aidé des réfugiés... La neuvième condamnation en un an et demi ! Dans les Hautes-Alpes, ce sont les militants solidaires des migrants qui sont réprimés ces dernières semaines, plusieurs d’entre eux sont en ce moment en détention provisoire pour « délit de solidarité », à savoir avoir participé à une marche pour protéger les migrants de Génération Identitaire et leur permettre de passer la frontière. Ils risquent jusqu’à dix ans de prison et 750 000 euros d’amende.




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