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Politique

Crise en Macronie

Démission de Collomb annoncée : Macron, de superstar à repoussoir

Coup de tonnerre en Macronie. Après Hulot et Flessel c’est au numéro 2 du gouvernement, l’homme de confiance de Macron de démissionner. En effet, Gérard Collomb premier soutien de Macron va démissionner au printemps prochain.

Crédit photo : LP / Arnaud Journois

Alors que l’ambiance n’était plus au beau fixe entre les deux hommes depuis l’affaire Benalla, les récentes déclarations publiques du ministre de l’intérieur ont provoqué les foudres du président jupitérien. L’ancien maire de Lyon souhaite donc retourner à sa ville des Lumières et plonge encore un peu plus le gouvernement Macron dans l’obscurité.

Un repas qui a précipité la démission de Collomb

Lundi soir, Gérard Collomb a été invité à dîner par le couple présidentiel. Ce dîner n’était en rien un repas de courtoisie puisqu’Emmanuel Macron, accompagné de Brigitte, souhaitait que Collomb s’explique sur ses déclarations où il critique ouvertement le « manque d’humilité » du pouvoir.

Au micro de Jean-Jacques Bourdin, sur BFM-TV et RMC, le ministre de l’intérieur avait expliqué que « l’hubris, c’est la malédiction des dieux quand, à un moment donné, vous devenez trop sûr de vous, que vous pensez que vous allez tout emporter ». Une parabole qui n’a pas du tout plus à Macron.

Ainsi, après ce repas, Gérard Collomb s’est vanté d’avoir dit ce qu’il pensait. « Je lui ai dit ce qui n’allait pas, il m’a répondu. Le président voit bien que les temps sont durs. La première année, c’est la plus difficile. Vous êtes dans une espèce d’enthousiasme collectif ». Une manière de se désolidariser de la brebis désormais galeuse qui pourrait entraîner quelques arrivistes dans sa chute (et ils sont nombreux chez LREM).

De fait, suite à cet entretien, Collomb a affirmé sa volonté de quitter son poste et de se présenter à un quatrième mandat à la mairie de Lyon. Une nouvelle défection dans le camp de Macron qui montre une fois encore la faiblesse et l’isolement du président. La tension était déjà montée entre Macron et Collomb après la ligne adoptée par ce dernier lors de son audition par la commission d’enquête sur l’affaire Benalla. Le numéro 2 du gouvernement pourrait ne pas partir seul lors des municipales.

Vers des défections en série ?

En effet, alors qu’en 2017, il fallait être du côté de Macron pour faire carrière, la situation est totalement différente maintenant et des ministres pourraient être tentés de s’extirper du marasme gouvernemental pour se lancer dans une carrière solo. Le Huffington Post explique ainsi que Gérard Darmanin (ministre des Comptes publics), Benjamin Griveaux (porte-parole du gouvernement), Mounir Mahjoubi (secrétaire d’État au Numérique) et Christophe Castaner (secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement) pourraient faire leurs adieux au gouvernement en 2019.

Une crise du pouvoir qui s’accentue

Si la future démission de Collomb est actée, les autres ne sont pas certaines. Ce qui est certain, c’est la crise par en haut qui ne se referme pas pour le gouvernement Macron. Entre l’héroïque résistance des cheminots qui a ralenti le rouleau compresseur macronien, l’affaire Benalla et le copinage barbouzard, la chute impressionnante dans les sondages, Macron est obligé de passer à des mesures présentées comme étant « sociales », comme son plan pauvreté ou son plan santé mais qui n’ont en réalité de social que le nom.

Entre les défections de ses ministres comme Hulot, Flessel et maintenant le fidèle des fidèles qu’est Collomb, et les casseroles des autres ministres qui sortent petit à petit, comme Muriel Pénicaud et ses affaires de favoritisme, la crise s’accentue de plus en plus au sommet de l’État. Une brèche qui reste ouverte pour passer à l’offensive d’autant plus qu’il semble compliqué pour Macron de trouver un homme à la hauteur de Collomb. En effet, la marge de manœuvre est faible pour le président qui a eu des difficultés pour trouver un remplaçant à Hulot, tandis que Richard Ferrand, alors qu’il était « Le » candidat du président, a été élu à la tête du Parlement avec seulement 52,4% des voies alors que les députés de la majorité présidentielle représentent 62,5% des sièges à l’Assemblée – 68,5% si on ajoute les députés de droite « constructifs ».

Une situation que notre camp social doit exploiter très rapidement avant que la fenêtre de tir ne se referme. Une riposte du monde du travail et de la jeunesse qui doit commencer par la construction du 9 octobre, journée de mobilisation interprofessionnelle, mais qui ne peut pas s’arrêter là, afin de pousser Macron et sa clique à changer de trottoir.




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