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Démission de la présidence du FN : Marine Le Pen tente d’élargir sa base sociale

A moins de deux semaines du second tour, Marine Le Pen est largement derrière Emmanuel Macron dans les sondages. C’est pourquoi celle-ci tente une nouvelle stratégie pour élargir son électorat. Première étape : la démission de son poste de présidente du FN.

Dès l’annonce des résultats, le Front Républicain a marché à plein ce dimanche soir. L’ensemble des cadres des Républicains et du PS ont appelé sans ambiguïté à voter pour Macron au second tour. Dès lors, l’affaire est mal engagée pour Marine Le Pen qui, selon un dernier sondage, ne réaliserait que 36% des voix au second tour. Celle-ci donc cherche donc à recentrer sa campagne et de tenter de faire oublier son ancrage d’extrême droite.

Le lendemain de sa qualification au second tour, Marine Le Pen a choisi de démissionner de son poste de présidente du FN. Malgré ses efforts pour « dédiaboliser » l’image du parti depuis plusieurs années, le « plafond de verre » qui l’empêche de pouvoir gagner au second tour est encore bien présent. Sa démission est une nouvelle cartouche, et est à l’image d’une campagne centrée autour de son prénom, Marine, pour tenter de faire oublier l’ombre du parti d’extrême droite et de son père. Dans le même temps, cette opération vise à apparaître au-dessus des partis le temps de la campagne du second tour et de se laisser les mains libres pour conclure de nouvelles alliances et éventuellement amender son projet.

Cette démission est à l’image d’un repositionnement de campagne plus profond. Face à l’ancien banquier de Rothschild, Emmanuel Macron, Marine Le Pen cherche à jouer la carte populaire à plein. Ces derniers jours, celle-ci a multiplié l’emploi d’expressions familières et issues de l’argot. Au marché de Rungis ce matin « On serre le kiki des français de plus en plus » ou encore dimanche soir à propos « Front républicain tout pourri ». Une rhétorique censée faire oublier ses origines aristocratiques, la candidate du FN étant plus habituée à fréquenter son château de Saint-Cloud que les quartiers populaires.

Au cœur de sa nouvelle stratégie de communication, il y a les électeurs de Mélenchon que celle-ci voudrait voir rallier sa candidature dans une forme de « front anti-libéral et patriote » contre le candidat de « l’élite mondialisée » que représente Macron. Une ambition à peine voilée du côté du FN, à l’image des déclarations de Philippot qui a estimé, que parmi les électeurs de Mélenchon, « beaucoup refuseraient de toutes façons de voter pour Emmanuel Macron et beaucoup peuvent voter pour nous ». Un espoir entretenu pour deux raisons. D’une part, Mélenchon est le seul des cinq principaux candidats à ne pas avoir donné jusqu’ici de consigne de vote au second tour. D’autre part, Marine Le Pen espère que la ligne davantage « bleu-blanc-rouge » de Mélenchon lors de sa campagne puisse ouvrir la voie à des rapprochements avec les électeurs de la France Insoumise. Pour l’instant, l’affaire est loin d’être gagnée. Selon un sondage réalisé dimanche soir par Ipsos Sopra Steria, seulement 9% des personnes qui ont voté pour Mélenchon au premier tour ont l’intention de voter Le Pen au second. 62% voteront Macron et 29% ne s’expriment pas.

Face à la menace que représente le FN pour les travailleurs et les classes populaires, il est urgent de construire un front de résistance, une mobilisation qui doit se faire en toute indépendance de tous les partis de gouvernements qui ont contribué à faire monter l’extrême droite et les idées réactionnaires, Emmanuel Macron en tête. Un front d’indépendance de classe qui se doit également d’être imperméable à la montée des idées réactionnaires et réaffirmer que la seule frontière qui nous divise, c’est celle entre exploiteurs et exploités. C’est à cette seule condition que nous pourrons combattre autant l’extrême droite de Le Pen que les solutions ultra-libérales que nous promet Macron.

Photo : Kenzo Tribouillard/AFP




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