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Derrière les barreaux 40 ans après les faits

Dernière minute. L’ancien chef des armées arrêté en Argentine

La décision a fait grand bruit en Argentine : vendredi, l’ancien chef de l’Armée sous le gouvernement de Cristina Kirchner a été arrêté alors qu’il était entendu par un juge dans le cadre de sa responsabilité pour l’enlèvement et la détention de deux militants en 1976. Ciro Tappeste

Il ne s’agit là que d’un des dossiers qu’il traîne derrière lui depuis 1976, année du coup d’Etat. Le général César Milani a été arrêté sur ordre du juge qui l’entendait sur une affaire remontant à 1977. Milani est accusé de l’enlèvement de Pedro Adán Olivera et de son fils, Alfredo Olivera, aujourd’hui partie civile, mais également de la détention illégale de Verónica Matta, en 1976. Juste avant et après le coup d’Etat de 1976, Milani opérait en lien étroit avec certains des responsables militaires à l’origine des pires exactions contre le mouvement ouvrier organisé et les courants de gauche.
En effet, au cours de la dictature militaire qui a fait régner la terreur en Argentine entre 1976 et 1983, Milani faisait partie du régiment de Génie de la province de La Rioja, dans l’ouest du pays. C’est dans ce cadre également qu’il est mis en cause dans une autre affaire de disparition, celle d’un jeune conscrit Aldredo Ledo qui faisait son service militaire dans la province voisine de Tucumán.

Aldredo Olivera avait déjà dénoncé son enlèvement et celui de son père en 1979 devant la Commission Intermarcaine des Droits de L’Homme puis, en 1984, devant la commission provinciale enquêtant sur les crimes de la dictature. Aucune suite n’avait été donnée à ces dénonciations qui n’avaient pas empêché Milani d’être nommé par un gouvernement se disant de centre-gauche chef des Armée.

Avant son audition par le juge, Alfredo Olivera avait souligné la gravité des faits qui lui sont reprochés, puisque Milani est accusé de « détention illégale et de tortures à [son] encontre et à l’encontre de [son] père ».

Dès que l’annonce de la détention du général a été rendue publique, les organisations de défense des Droits de l’Homme et les organisations luttant contre l’impunité des crimes commis sous la dictature n’ont pas pu réprimer leur joie. Myriam Bregman, avocate défenseuse des droits de l’Homme et impliquée dans de nombreux procès visant d’anciens militaires a déclaré, pour le PTS, que Milani est impliqué dans des affaires impliquant une dizaine de victimes. Pourtant, « sous Kirchner, le gouvernement avait décidé de le protéger alors que nous l’avions dénoncé ». Nicolás del Caño, député national du FIT a souligné quant à lui que Milani aurait dû être derrière les barreaux depuis bien longtemps, exigeant que les militaires responsables du génocide social et politique contre les militants et le monde du travail au cours de la dictature soient jugés et mis en prison.




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