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Monde

Ni libéralisme ni protectionnisme !

Donald Trump : 1er retour de bâton de la guerre commerciale

Le 31 mai, Donald Trump lançait les prémisses d’une guerre commerciale à ses voisins sur l’aluminium et l’acier. Sur fond de perte d’hégémonie nord-américaine, le but pour le président américain de cette politique protectionniste agressive est d’essayer de stopper cette tendance. Une politique qui n’est pas sans contradiction.

La politique agressive et protectionniste de Donald Trump développe dores et déjà ses premières conséquences sur le monde du travail avec une hausse des prix des entreprises américaines, elles-mêmes, qui reportent le coût des taxes sur leurs produits.

Libéralisme ou protectionnisme, les deux faces d’une même pièce

Le protectionnisme économique aux Etats-Unis, s’il est clair que le nouveau président américain enclenche un saut qualitatif dans le protectionnisme américain, n’est pas une création made in Trump. En effet, en 2009 l’ex-président Barack Obama avait imposé plus durement les droits de douane sur les pneus très bon marché vendu par les chinois aux Etats-Unis. Cette surimposition qui prévoyait déjà à l’époque la relance du marché du pneu aux Etats-Unis, avec l’augmentation des créations d’emplois, n’avait rien amélioré, bien au contraire, avec des entreprises de pneumatique américaine qui ont surfé sur le net ralentissement de la vente des pneus chinois, pour augmenter leurs marges. Cout de l’opération, les américains dépense 1 milliard de dollars supplémentaire après l’imposition des pneus, et le marché du pneumatique américain, n’a créé que 1200 emplois dans le secteur.

Aujourd’hui c’est au tour de Donald Trump d’en faire pâtir le monde du travail, surfant sur le chômage de masse qui touchait une classe ouvrière qui a voté contre son camp, succombant au patriotisme de l’Amérique profondément inculqué par les classes dominantes. Donald Trump expliquait en Mai dernier à l’image d’un Emmanuel Macron, qui aime justifier les contre-réformes, en appuyant le fait de les avoirs annoncées avant leur élection « je respecte les promesses que j’ai fait durant ma campagne », rappelons-nous que le slogan de Donald Trump était « America First ». En ayant taxé les importations d’acier à plus de 25% et l’aluminium à plus de 10%, de son voisin canadien et de l’union européenne, le président aura affolé le marché mondial, sauf qu’il en fait finalement payé les frais en définitive au monde du travail.

Coca, Fanta, 3M, Ford, augmentent les prix

En effet de grande entreprise américaine, à l’image de Coca Cola et de ses fameuses canettes de soda, la marque américaine et d’autres dans plusieurs secteurs, comme l’automobile, celui des colis, ou encore la marque de scotch et post-it 3M ont reporté cette repercussion sur les matières premières en augmentant le prix des produits. Les canettes de Coca par exemple, fabriqué en aluminium et buent par millions aux Etats-Unis engendre une répercussion sur le pouvoir d’achat des américains. Certains économistes américains, annonce déjà qu’a cette vitesse, le pouvoir d’achat des américains, baissera de 3 points d’ici 1 an.

Avec les résultats du second trimestre de l’économie américaine, les marques américaines sont entrains de préparer les esprits à faire subir une hausse des prix, pour conserver leurs marges. Les prix des voitures américaines comme Ford sont déjà annoncés avec une forte hausse des la rentrée. Les patrons ne se cachent pas d’attaquer de front la mesure de Donald Trump pour se dédouaner de la hausse des prix, comme le patron de Coca-Cola James QUINCY, qui expliquait « ces taxes sont l’une des raisons pour lesquels nous augmentons les prix en plein milieu de l’année ». Les trois grosses entreprises de détroit que l’on nomme le « Big Three » avec Ford, General Motors et Chrysler, revoient leurs chiffres pour la fin 2018 à la baisse. La direction de Général Motors, chiffre à plus de 1 milliards de dollars de hausse des prix pour 2018 à cause des taxes sur l’aluminium et acier.

Une guerre commerciale qui frappe avant tout le monde du travail et la jeunesse

Ces taxes sur l’importation d’acier et d’aluminium qui touchent 500 entreprises américaines et qui devrait très rapidement se poursuivre sur le secteur de l’automobile frappant directement l’Allemagne. Donald Trump a ouvert une guerre commerciale mondiale qui est en train d’avoir d’énorme répercussion, obligeant d’urgence avec les prochaines élections de mi-mandat en novembre prochain, à sortir un chèque de plus de 12 milliard de dollars pour venir en aide aux agriculteurs, suite aux mesures mis en place en réponse par le gouvernement chinois.

Les représailles également de l’union européenne annoncé par Bruxelles il y’a quelques mois, mettent en grande difficulté un certain nombre de grandes entreprises, comme Harley Davidson, ainsi que tout le secteur de fabrication du whiskey. Une étude de Goldman Sachs annonce que plus de 500 entreprises risquent de perdre 15% de leurs bénéfices dans les mois qui viennent.
Donald Trump, fera très rapidement les frais de sa politique, si elle venait à impacter directement le pouvoir d’achat déjà en baisse des américains. De plus pour le moment la courbe du chômage aux Etats-Unis ne s’inverse guère, ce sont les premières conséquences directs d’un protectionnisme, tout comme le libéralisme qui ne sont que des variantes des différents gouvernements pour en définitive attaquer le monde du travail, moyennant la culture de la xénophobie, divisant notre camp social.

Crédits photos : NICOLAS ASFOURI / AFP




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