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Notre classe

D’ici le 23 octobre

En cas de « mobilisation interprofessionnelle », la CGT du pétrole partira en « reconductible »

Fer de lance en 2016 de la mobilisation contre la loi El Khomri, la CGT du pétrole affirme dans une lettre ouverte adressée aux militants vouloir entrer en grève reconductible en cas d’une large mobilisation interprofessionnelle, particulièrement si un secteur structurant de l’économie entrait en grève

Face à l’attentisme de l’intersyndicale, le Secrétariat Fédéral de la Fédération Nationale des Industries Chimiques-CGT a affirmé, dans une lettre adressée à ses camarades, que « les Fédérations, les Unions Départementales pas plus que les syndicats ne sont comptables de cette stratégie.

Plus que « d’attendre une nouvelle intersyndicale », les « syndicats du Pétrole » seraient prêts « à tenter d’élever un rapport de forces, mais n’entreront pas dans une grève par procuration, comme en 2016 ». Il continue ensuite en affirmant que « si, d’ici lundi 23 octobre, une large mobilisation interprofessionnelle est organisée, particulièrement par l’entrée en grève de secteurs structurants de l’économie, les pétroliers répondront présents avec force. » Si ce n’était pas le cas, la CGT du pétrole affirme qu’il défendra dans le cadre d’un mouvement sectoriel pour défendre les acquis sociaux de la branche. C’est le « sens de la lettre ouverte que nous adressons ce jour au patronat du Pétrole ».

La CGT du Pétrole affirme alors la nécessité « d’une assemblée générale des organisations CGT dans les plus brefs délais. » En vue de la construction d’une « large mobilisation interprofessionnelle », la proposition d’Assemblée Générale à l’ensemble des organisations CFT gagnerait à s’élargir à l’ensemble des structures syndicales combatives d’autant plus que de nombreux syndicats ont manifesté contre les décisions de la direction de Force Ouvrière, et même de la CFDT.

Cet appel, à quelques jours de la journée de la mobilisation du 19 octobre à l’appel de la CGT, est un réel point d’appui dans la situation pour ceux qui critiquent aujourd’hui la stratégie des journées saute-moutons et l’absence de plan de bataille contre Macron et ses contre-réformes. Il est cependant à noter la nécessité d’un regroupement de l’avant-garde combative, au-delà des étiquettes syndicales, mais aussi d’affirmer comme principale préoccupation d’éviter l’écueil d’un mouvement seulement sectoriel et corporatiste. En ce sens, la lettre aux camarades se doit d’être relayée plus largement.

Il est à se rappeler l’exemple récent de la victoire des routiers qui, après l’avoir emporté sur leur revendications, n’avait pas permis de donner une continuité à la bataille globale qui doit se mener contre Macron et ses ordonnances. Plus encore, il est illusoire d’exiger « l’ouverture d’une négociation immédiate » avec le ministère du Travail, le patronat et les syndicats de la branche alors même qu’il n’y a rien à négocier avec ceux qui veulent notre peau. De même, il est nécessaire d’exiger le boycott des « négociations » avec Macron. Philippe Martinez doit quitter la table des négociations !

Nous relayons ci-dessous la lettre ouverte du Secrétariat Fédéral de la Fédération Nationale des Industries Chimiques-CGT :

Chers Camarades,

La stratégie des luttes interprofessionnelles est nécessairement du ressort de la Confédération. Le combat contre les ordonnances Macron, bombe atomique contre les garanties collectives, nécessiterait une autre réponse que celle amenée par la stratégie de l’unité d’appareils confédéraux, qui montre son incapacité à mobiliser les salariés aussi largement que le commandent les enjeux. Cette stratégie amène nécessairement la dispersion des mobilisations entre les professions, cantonnant notre action CGT à limiter la casse là où le rapport de forces peut s’exprimer, en égrenant les dates dans un rythme bridé par l’intersyndicale dans laquelle certaines organisations freinent des quatre fers pour des raisons internes ou pas, dans le cadre d’un syndicalisme de lobbying européen qui nous fait déserter notre terrain historique de luttes.

Les Fédérations, les Unions Départementales pas plus que les syndicats ne sont comptables de cette stratégie. En tout état de cause, la FNIC-CGT considère qu’attendre une nouvelle « intersyndicale », c’est attendre l’arlésienne. Pour autant, il n’est pas question de laisser disparaître nos garanties sans combattre. Les syndicats du Pétrole sont prêts depuis juin dernier, à tenter d’élever un rapport de forces, mais n’entreront pas dans une grève par procuration, comme en 2016. Si, d’ici lundi 23 octobre, une large mobilisation interprofessionnelle est organisée, particulièrement par l’entrée en grève de secteurs structurants de l’économie, les pétroliers répondront présents avec force. Dans le cas contraire, c’est dans le cadre de nos professions que seront construites nos mobilisations, c’est le sens de la lettre ouverte que nous adressons ce jour au patronat du Pétrole. C’est pourquoi nous réitérons notre proposition d’une assemblée générale des organisations CGT dans les plus brefs délais.

Très fraternellement,

Le Secrétariat Fédéral de la Fédération Nationale des Industries Chimiques-CGT




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