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Politique

« Il n’y a pas d’alternative » affirme Jean-Claude Mailly sur France Inter

FO. Mailly veut-il épouser Macron ?

Jean-Claude Mailly clôture ses 14 ans de mandat à la tête de FO en fanfare. « Un dialogue est possible avec Emmanuel Macron », a-t-il répondu à Nicolas Demorand sur France Inter. Et d’ajouter, « il y a encore des choses à négocier avec le gouvernement ». Mailly veut tout faire pour devancer la CFDT, être le premier interlocuteur de Macron et négocier sa future place, bien au chaud, puisqu’il devra quitter son poste de premier secrétaire au prochain Congrès de FO. Tout cela, quitte à abandonner encore un peu plus sa base, affectueusement surnommée les « grognons râleurs »…

La position d’un Jean-Claude Mailly qui n’appelait pas à manifester face aux ordonnances sur la loi travail XXL, annonçait des heures sombres pour les syndiqués de FO les plus combatifs. Il avait finalement abdiqué, face à l’appel à la mobilisation lancé par 123 unions départementales et fédérales sur 143. Le voici à présent, à genoux, devant le gouvernement, et ce sans la moindre tentative de lutte, fût-elle de façade. D’ailleurs, Mailly n’a-t-il pas salué à plusieurs reprises les qualités de la ministre du travail Muriel Pénicaud ?

Ce virage à droite toute ne sort pas de nulle part : Mailly veut élever FO, troisième syndicat le plus représentatif en France, au rang de numéro 1 dans le collaborationnisme assumé avec le gouvernement. Mardi sur France Inter, le voici en train de vanter les mérites de l’ex-banquier de Rothschild : « Un dialogue est possible avec Emmanuel Macron (…). C’est très cash mais ce n’est pas le ni oui ni non comme avant ». Et de poursuivre, concernant les réformes en cours, « il y a encore des choses à négocier ».A tel point que le très mesuré Nicolas Demorand lui lance : « Vous êtes plus réformiste que les réformistes ».

Pour rappel, FO et la CFDT ne s’étaient pas fait prier pour valider en janvier dernier la suppression de milliers d’emplois chez PSA au travers des ruptures conventionnelles collectives (RCC). Mailly veut faire encore un pas de plus sur sa droite. Mais la position récente de la CFDT face à la casse du ferroviaire, ouvre une brèche à Mailly. Le syndicat jaune affirme en effet que le passage par ordonnances pour imposer les réformes ferroviaires préconisées par le rapport Spinetta « est exactement contraire aux valeurs de négociations de la CFDT ». Et face à ce « dialogue social bafoué », Laurent Berger a menacé de montrer les dents, et d’appeler à la mobilisation si le gouvernement décidait de ne pas les consulter.

There is no alternative, sauce Mailly

Sur le terrain de la lutte, Mailly et sa boule de cristal affichent un défaitisme à toute épreuve. Interrogé par Léa Salamé sur la mobilisation à venir chez les cheminots et plus généralement face à la casse du service public, le membre du PS affirme « ne pas sentir les salariés avoir envie de descendre massivement dans la rue de manière interprofessionnelle ». On a vu meilleur discours mobilisateur.

Pour le secrétaire général de FO, il n’y a « pas d’alternative » autre que le collaborationnisme avec Macron et son gouvernement. La raison invoquée est ubuesque : c’est parce qu’il n’y aurait pas « d’opposition crédible » dans le pays. Il serait de bon ton de rappeler à Jean-Claude Mailly que bien au-delà du cadre parlementaire et institutionnel, l’opposition existe, se construit, et se mobilise, aussi, et surtout dans la rue. Mais n’est-il pas impossible de ramener à la raison un secrétaire général de FO converti aux arguments du MEDEF ?

A quelques semaines du Congrès de Force Ouvrière, au cours duquel Jean-Claude Mailly devrait céder sa place de premier secrétaire à Pascal Pavageau, ce dernier n’a vraiment, mais vraiment plus rien à perdre en se mettant à la botte du gouvernement. Son attitude (et celle de la centrale qu’il dirige) vis-à-vis du gouvernement depuis le début du mandat montre à quel point il travaille sa reconversion. Par ses paroles, et la démoralisation qu’il instigue, ce n’est aucunement l’intérêt des salariés, ni des syndiqués de FO qu’il défend, mais bien le sien. Pour l’après, il se voit « travailler à l’avenir sur l’implantation syndicale à l’étranger et à l’insertion des jeunes ». Une place pour l’après qui semble déjà toute négociée….




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