Jeunesse

Annonces de Valls ou pas, la mobilisation continue !

Fac du Mirail : 500 en AG pour le retrait de la loi

Publié le 15 mars 2016

« Ils nous prennent vraiment pour des cons ». Le ton est donné dès les premières interventions. Il faut dire que les manœuvres du gouvernement, et des CFDT, CGC, ou encore la FAGE chez les jeunes, n’ont pas l’air d’affaiblir la mobilisation. Reste maintenant à la renforcer !

Correspondant

L’assemblée générale du Mirail du mardi 15 aura rassemblé 500 étudiants et étudiantes, un peu plus que celle de la semaine dernière, qui elle, était appelée un lundi de rentrée scolaire.
L’AG était découpée en deux temps. Dans le premier tour de discussion, ont été donnés quelques éléments sur la loi, notamment sur l’extension de la « garantie jeunes », où ils nous « prennent effectivement pour des cons »...
Il fut un temps, ils avaient au moins l’obligeance de nous lâcher des miettes pour nous appâter...

Quelques interventions ont agrémenté cette première partie, notamment les étudiants salariés sans contrat de l’université, soutenus et applaudis par tous les étudiants.
Pendant qu’une première AG de personnels, environ une centaine d’enseignants et de BIATSS, avait lieu au même moment, et a exprimé sa solidarité à l’AG des étudiants et son soutien, y compris en votant la grève pour le 17.

Et les perspectives... Massifier la lutte ou radicaliser une minorité ?

Pour les rythmes, et comme au niveau national, il apparaît clair que les dates du 17 et du 24 seront deux dates clefs dans la jeunesse, pour faire chauffer l’ambiance d’ici au 31, grande journée de grève nationale avec les travailleurs.
Mais comme on pouvait s’y attendre, les discussions ont été, en partie, et moins que l’an dernier par exemple, polarisées par la question des méthodes d’action, et en particulier du blocage ou non.
Beaucoup d’interventions ont avancé que ce qui permettrait d’être plus efficace serait le blocage de la fac. D’autres au contraire, ont rappelé que, si le blocage est un moyen d’action, une tactique à utiliser à certains moments ou non, ce n’est pas en radicalisant les moyens d’action d’une minorité que l’on entraînera la majorité. [Pour approfondir cette discussion, et le rapport à la démocratie dans les luttes, voir cet article :. Mais aussi que le fait d’appeler à des « AG de luttes » en plus des AG classiques, comportait un fort risque de division du mouvement (ce qui c’est par ailleurs confirmé ensuite, puisque « l’AG de lutte » appelée en suivant, à 16h, n’aura rassemblé qu’une cinquantaine de personnes).

Dans un moment où la mobilisation étudiante n’a pas reculé (à Bordeaux, Paris, Grenoble, etc.. plusieurs AG ont eu lieu, regroupant quelques centaines d’étudiants, mais n’ont pas encore dépassé le millier), mais n’a pas explosé encore non plus, une des tâches centrales est surtout de massifier la lutte.
En faisant un effort pour expliquer, convaincre ceux qui ne sont pas encore convaincus, permettre à ceux qui le sont de s’investir dans la lutte (différentes commissions ont été votées, et le comité de mobilisation prend en charge des tâches pratiques de la lutte), et installer une ambiance de lutte sur les facs (projection de films, cours alternatifs, événements contre-culturels...).
Il faudra continuer à développer l’auto-organisation, et participer à la coordination nationale étudiante du 19 mars, pour commencer à s’homogénéiser avec les autres facs en lutte.

C’est globalement dans ce sens qu’est allé l’AG du Mirail. Alors que deux fois plus d’étudiants ont voté contre le blocage que pour, ils ont en revanche voté majoritairement pour la grève et la manifestation. Face à cela, il serait dommage de « ne pas s’attendre », et que quelques militants fassent le choix de quand même bloquer, avant même d’avoir convaincu suffisamment d’étudiants. C’est un pari plus que risqué, qui y compris l’an dernier au Mirail, est arrivé un peu tôt (la constitution rapide des « anti-blocage », en tout cas plus rapide que de coutume, a pu en être facilitée d’ailleurs).

Pour obtenir le retrait total de la loi Travail, retouché pour Berger, et faire reculer définitivement ce gouvernement au service du patronat, ce ne sera ni en négociant à Matignon comme l’a illustré l’échec de la négociation pour le retrait de l’UNEF, ce ne pas non plus en faisant des actions minoritaires qui en réalité nous coupent de la majorité des étudiants et sont autant de brèche que le gouvernement peut exploiter, mais ce sera en mobilisant massivement dans la rue. Pour réellement « tout bloquer », il faudra massifier le mouvement pour commencer à construire un véritable rapport de force. Jusqu’au retrait total du projet de loi Berger, ni amendable ni négociable. Prochaine étape le 17 mars !