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Faute de majorité, Theresa May repousse le vote du Brexit au Parlement

La perspective d’un échec retentissant a poussé la Première ministre à reporter le vote des députés sur l’accord de sortie du Royaume-Uni de l'UE, prévu ce mardi. La livre sterling chute à son plus bas niveau depuis juin 2017.

Crédit photo : Getty

A moins de trois mois de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, Theresa May a été obligée de reporter le vote au Parlement prévu ce mardi, pour éviter une défaite sanglante,par près de 200 votes d’écart, selon certaines projections. Devant une Chambre des communes pleine à craquer, la première ministre a annoncé lundi, en milieu d’après-midi, le report de ce vote qui constitue une étape incontournable vers la sortie de l’UE.“Theresa May avait le choix : subir une défaite humiliante ou repousser le vote afin de retarder ladite défaite humiliante. Elle a finalement opté pour la deuxième option”, affirme The Spectator.

La clausede sauvegarde sur l’Irlande du Nord à la base de désaccords

L’accord négocié comprend une clause dite « backstop », clausede sauvegarde sur l’Irlande du Nord qui, faute d’accord entre les parties, s’appliquera de manière favorable à l’Union européenne. Pour les partisans du Brexit, cette clause remet en cause l’intégrité territoriale du Royaume-Uni et affecte sa souveraineté, notamment à signer des accords commerciaux partout dans le monde. Néanmoins,une levée de cette clause impliquerait le rétablissement des frontières physiques entre la République d’Irlande et l’Ulster, alors même que l’absence de celles-ci a été une condition sine qua non de l’accord de paix en Irlande. Le fameux “filet de sécurité” prévoit une sorte d’union douanière après le Brexit d’une durée indéfinie. Une équation difficile à résoudre.

Theresa May menacée

Alors que le vote du mardi avait été confirmé quelques heures plus tôt, “L’argument selon lequel une large défaite enterrerait son gouvernement en plus de son accord” aurait fini par convaincre Thérèse May du report, selon The Guardian.

La Première ministre a entamé aussitôt des rencontres avec des dirigeants européens,avec pour objectif d’arracher des garanties,afin d’éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Elle voudrait obtenir l’assurance que le maintien du Royaume-Uni dans une forme d’union douanière après le Brexit sera limité dans le temps.

Face à l’échec du dernier week-end pour tenter de rassembler les forces de son parti derrière elle, la Première ministre cherche des alliés pour reformuler l’accord,négocié pendant 15 mois entre Londres et Bruxelles. Mais Donald Tusk, président du Conseil de la UE, reste intransigeant en réaffirmant que l’accord n’est pas ouvert à la renégociation.

Les jours et les mois passent, l’avenir du divorce entre l’UE et le Royaume-Uni parait noyé dans un brouillard de plus en plus épais.




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