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Politique

Enfariné à Strasbourg

Fillon « blanchi » !

Stagnant dans les sondages, humilié comme il se doit par le franc-parler de Philippe Poutou lors du débat à onze, c’est par de la farine que le candidat de la droite fut accueilli ce jeudi à Strasbourg. Une fois n’est pas coutume, voilà donc un Fillon « blanchi » qui n’a pas manqué d’amuser les internautes comme un juste retour de bâton.

De la farine, oui…


C’est donc au moment de monter sur l’estrade pour prononcer son discours qu’un homme a surgi de la foule pour vider de la farine sur François Fillon et, au passage, sur les députés André Schneider et Patrick Hetzel. Au cri de « lobbyiste » et « escroc », bien que la personne ayant prononcé ces mots n’ait pas été clairement identifiée, le candidat LR n’a pas vu le piège venir. Et pour cause, c’est vêtu d’un t-shirt « les étudiants avec Fillon » que l’enfarineur rusé a pu s’immiscer dans la haie d’honneur sans éveiller le moindre soupçon et atteindre l’élu. Rapidement maîtrisé par les agents de sécurité qui l’ont plaqué au sol, l’homme de 27 ans a été interpellé ainsi qu’un second individu et placés en garde à vue. Si Fillon n’a pour l’instant pas déposé plainte à leur encontre, on se souvient de l’enfarinage de Manuel Valls en décembre dernier dans la même ville, par un technicien de la radio France Bleu Alsace. A l’instar de ce dernier, les deux hommes risquent tout de même d’être poursuivis pour « violences aggravées par deux circonstances » qui sont l’usage d’une « arme par destination » sur une personne « investie d’un mandat électif ».

…mais française !


Les temps sont durs pour Fillon. Victime d’une cabale par un prétendu cabinet noir à l’Elysée (attention Fillon a des noms, mais on les attend toujours), sa femme devant se lever à 6h30 tous les matins par crainte de voir des policiers débarquer chez elle, ou des accueils aux sons de casseroles ou de jets de farine, le candidat a tout de même tenté un trait d’humour, plus pathétique que drôle. Voici ce qu’il a donc déclaré suite à son enfarinage : « Je suis la cible d’un acharnement impitoyable. Ils essaient tout pour me décourager, même les plus minables arguments. J’espère au moins que la farine était française. Mais, mes amis, ce qui ne tue pas rend plus fort. (Cette force) je la mettrai au service des Français qui ont bien besoin d’un vrai chef d’Etat après la présidence hésitante de François Hollande ». Blaguant sur le made in France tout en forçant sur le dramatique à renfort de Nietzsche, Fillon ose encore se penser comme « un vrai chef d’Etat ». Aussi narcissique que corrompu, donc… Mais Monsieur Fillon ne semble pas avoir encore compris que nous n’avons pas besoin de « chef » pour vivre, tout comme une usine n’a pas besoin de patron pour fonctionner, seulement de travailleurs.




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