Politique

Analyses des mesures écologiques de Fillon

Fillon veut ouvrir la porte aux OGM en France

Publié le 28 novembre 2016

Si l’’environnement n’a pas été un thème central lors des débats de la primaire, le programme écologique de François Fillon – 12 pages sur l’agriculture et 12 pages sur l’environnement – n’est pas inexistant.

Fillon souhaite diriger le pays en ne touchant pas aux intérêts des grandes firmes transnationales et du capitalisme international ; tout son programme écologique tourne donc autour d’une logique ultra-libérale. L’état bourgeois sera servi par un grand commis qui a déjà montré ses capacités à modifier les lois pour le grand bien des bourses.

Norah Z. et Karczinsky

Le nucléaire, relancé pour les soixante prochaines années

Pour Fillon, le nucléaire doit être réinvesti. Son objectif est de prolonger la durée d’exploitation des réacteurs existants de 40 à 60 ans et de l’associer dans le futur aux énergies renouvelables lorsque celles-ci, suite à la concurrence, s’aligneront au prix du marché. Il ne souhaite pas non plus fermer la centrale de Fessenheim, pourtant au centre de multiples polémiques car exploitée depuis 1978. Pour cet ancien ministre de l’écologie, aboutir à une France fonctionnant grâce aux énergies renouvelables ne fait pas partie du programme.

Oui aux OGM, gaz de schistes et insecticides qui avaient été interdits

Qui nous fera croire que les firmes transnationales pétrolières vont cesser de vouloir faire du profit en France et ailleurs tant que le pétrole coule à flots ? Fillon compte permettre la recherche de gaz de schiste ; cela signifiera entre autre une dégradation des nappes phréatiques et une augmentation de la production de gaz à effet de serre.

Pour l’agriculture, il n’hésite pas à accepter d’avantage d’OGM dans nos assiettes mais également la possibilité de faire des cultures d’OGM en France, en plus de vouloir accélérer l’homologation des produits phytosanitaires, dont certains qui n’étaient plus autorisés en France.

Non aux directives européennes et principe de précaution

Le candidat de la droite souhaite supprimer les normes surajoutées aux directives européennes, ainsi qu’abandonner le « principe de précaution » de la Constitution, inscrit depuis 2005, et qui prévaut en cas de doute sur la dangerosité d’un élément ou d’un projet. Un désinvestissement en terme de santé publique qui se conjugue à sa volonté de permettre, y compris en matière d’écologie, d’ouvrir aux requins de la finance internationale un espace marchant qui est encore à bien des égards occupé par des entreprises publiques, semi-publiques, en partie privatisées, mais encore sous une certaine forme de dépendance de l’État français.

La planification écologique sous contrôle des travailleurs

A cela, nous opposons un programme qui relie les préoccupations sociales et écologiques et ce, notamment au travers de la candidature de Philippe Poutou. Se débarrasser du nucléaire dans les dix années qui viennent, développer les énergies renouvelables, une baisse rapide de l’utilisation des énergies fossiles et réduction des émissions de gaz à effet de serre, interdiction des OGM, généralisation de l’agriculture biologique… Cela passe par la cogestion par les salariés et les usagers du service public de l’énergie, par la création d’un service public européen, le transfert gratuit de technologies des énergies renouvelables et par l’expropriation des groupes capitalistes de l’énergie, de l’eau et de l’agroalimentaire. La planification écologique sous contrôle des travailleurs et de la population est la solution proposée pour faire face aux problématiques environnementales.