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Politique

Après les APLs…

Fin des « emplois-aidés » : de la précarité… au chômage !

Des 459 000 « emplois-aidés » en 2016, ils ne devraient pas dépasser le nombre 293 000 pour 2017. Utilisés par le passé pour maquiller les chiffres du chômage, Macron préfère changer de fusil d’épaule. Prétextant que ces emplois sont précaires, ce qui est certes une réalité, le gouvernement préfère tout bonnement les mettre au chômage.

Outre l’allocution de la ministre du travail Muriel Pénicaud devant l’assemblée le 9 août, aucune annonce officielle n’a été faite. C’est par Pôle Emploi, à qui a été donné l’ordre de geler l’obtention de contrats aidés, que l’information a finalement été rendue publique lorsque des employeurs (publics ou privés) recevaient une notification leur indiquant que les contrats ne seraient pas renouvelés, ou directement lorsque des personnes souhaitant s’inscrire au programme se le voyait refusé. Une méthode qui a comme vertu, pour le gouvernement, d’être moins directement mis sur le devant de la scène, avant la divulgation officielle du contenu des ordonnances du projet de loi Travail.

Lutter contre un « effet d’aubaine », vraiment ?

Ainsi, alors que 2/3 des subventions ont déjà été utilisés le premier semestre, il est hors de question d’allonger le budget, a annoncé la ministre du travail. Dans son intervention à l’assemblée, Muriel Pénicaud les juge « coûteux » et « pas efficaces dans la lutte contre le chômage ». Une nouvelle hypocrisie, alors même que le gouvernement est en passe de casser le code du travail et d’encourager les licenciements. Après avoir été bien fonctionnel pour maquiller le chômage, les détracteurs des emplois précaires s’en donne à cœur joie pour expliquer que ces contrats sont des pertes de temps et d’argent. Dans le rapport de la DARES concernant les emplois aidés, et dans certains articles qui le reprennent, on peut ainsi lire que 58 % des contrats du secteur privé sont un « effet d’aubaine », les entreprises profiteraient donc de cette aide et auraient embauché même sans celle-ci. Une argumentation qui ne tient pas quelque seconde, alors qu’en parallèle le gouvernement compte bien perpétuer le CICE et ses subventions au patronat.

Fin des « emplois-aidés » : de la précarité au chômage

Les témoignages ne cessent de pleuvoir sur internet et dans les journaux de situations complètement aberrantes, et inquiétantes de personnes face à l’angoisse de ne pas pouvoir retrouver un travail.

Sur France Bleu, le témoignage d’Isabelle frôle l’absurde : alors qu’elle avait décroché en ce début d’été un emploi à l’autre bout de la France, l’obligeant donc à déménager, elle s’est vue notifié, après trois jours de travail de l’annulation de son contrat aidé. Celui-ci ayant été signé après le 1er juillet, or le gel des subventions peut être rétroactif. Sans travail, sans aucune attache dans sa nouvelle ville de résidence, et ayant déjà inscrit ses enfants à l’école pour la rentrée, sans qui ni Pôle emploi ni son nouvel-ex employeur ne veuille lui payer ses jours de travail, Isabelle est dans l’impasse la plus totale. Autre témoignage, celui de Gérard pour L’humanité : à 57 ans, avec un statut de travailleur handicapé et travaillant au Secours Populaire comme chargé de communication, son emploi ne pourra plus être renouvelé, il se retrouve donc sans travail, et avec très peu de chance de pouvoir en retrouver un.

Un des cas les plus aberrant est encore celui de la rentrée des classes à la Réunion ayant dû être décalée de cinq jours faute d’effectifs. Sur les 3 300 contrats nécessaires à la bonne tenue des cours (pour les chauffeurs de bus, personnels de cantine, de surveillance), seulement 1 800 avaient été accordé, ce qui avait forcé 18 des 24 communes de l’île à reporter de cinq jours la rentrée scolaire.




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